2011, l'odyssée de l'austérité « juste »
July utilise peu ou prou les mêmes arguments que le reste de l’éditocratie parisienne : « Non, le plan Cameron n’est pas Thatcherien puisqu’il frappe massivement les hauts revenus ». Et July dans une chronique d’égrener les quelques augmentations fiscales pour les plus aisées oubliant de citer le licenciement des 500.000 fonctionnaires qui viendront grossir la liste des demandeurs d’emplois, la baisse des allocations logements (mesure déjà critiquée par le maire conservateur de Londres qui craint de voir partir les pauvres chassés vers les banlieues. « Je ne veux pas qu’à Londres comme à Paris, les pauvres soient obligés de vivre en banlieue » a expliqué Boris Johnson).
De façon bien plus étrange Serge July évoque même une hausse du taux d’imposition des sociétés alors que George Osborne, le chancelier de l’échiquier (NDLR : l’équivalent de notre Ministre des finances) a clairement indiqué une baisse du taux d’imposition des sociétés à 24% contre 28% aujourd’hui : « Notre taux d’imposition actuel de 28% était jugé de moins en moins compétitif » a expliqué Osborne.
Toujours la même rengaine : des taxations symboliques pour les hauts revenus censées justifier les ponctions les plus lourdes dans les classes moyennes inférieures et populaires. Pour bien faire passer la pilule, Serge July va jusqu’à expliquer que ce sont les conservateurs qui s’indignent de ce plan « le plus à gauche depuis la guerre » pour certains éditorialistes que July choisit soigneusement de citer.
On n’en croit pas ses oreilles. A raison d’une petite cure d’austérité et d’un impôt Fouquet’s, Serge July, l’ancien compagnon de lutte de Sartre reprendrait bien du Sarko pour 5 ans. « Vaut mieux entendre ça que d’être sourd ». Certes.
On l’a vu, Le Monde est conquis lui aussi, soulignant dans un édito le « courage de Cameron », lançant un défi aux « Experts de l’UMP et du PS, prenez d’urgence le TGV pour Londres –s’il n’y a pas grève ».
La plupart des éditorialistes de la place sont sur la même longueur d’ondes.
Certains boivent déjà l’austère –mais juste- « cup of tea » jusqu’à la lie : en Lettonie, les revenus des fonctionnaires ont baissé de 30% en moyenne. La TVA est passée de 19% à 24% en Roumanie. L’Allemagne a annoncé pour 2011 en place un plan d’austérité record de 80 milliards d’euros. En France, si Dr Sarkozy ne veut pas en entendre parler, Mr Nicolas a commencé les coupes claires. L'auguste Attali réclame une cure sévère.
Mais c’est surtout l’exemple irlandais qui retient l’attention du mensuel : « il y a un an pour emporter un OUI lors du référendum sur le traité de Lisbonne, le gouvernement de Brian Cowen n’avait pas hésité à marteler que l’Union était synonyme de « protection », de croissance et d’emplois. Aujourd’hui, le même gouvernement promet de réduire de 25% les dépenses des ministères pour les quatre prochaines années afin de faire face au déficit abyssal créé par les 50 milliards destinés au sauvetage du secteur bancaire. Depuis un an, le chômage a triplé pour atteindre 14% de la population ».
L’austérité « juste », un oxymoron ?!
