Posté par L'Equipe de Ségolène Royal dans Afghanistan le 13 juillet 2011
Cinq soldats français ont été tués ce matin et quatre autres grièvement blessés dans un attentat à la bombe dans la province de Kapisa. Trois civils afghans ont également été touchés. C’est une triste illustration de l’échec de l’Otan à pacifier le pays depuis son entrée en guerre fin 2001.
Lors d’une visite éclair hier à Kaboul, Nicolas Sarkozy, déjà en campagne pour l’élection présidentielle, a annoncé l’accélération du retrait des 4.000 militaires français présents en Afghanistan. Il l’a fait à la suite -seulement à la suite- du président américain Barack Obama.
Pendant la campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy s’était engagé sur le retrait des troupes et, à peine élu, avait répondu favorablement à la demande de George W. Bush d’envoyer des troupes supplémentaires en Afghanistan, sans même prendre la peine de redéfinir les missions de l’Otan ni consulter le Parlement.
Les offensives déclenchées depuis ont à peine diminué la présence des Talibans, les attentats se sont multipliés, les pertes sont allées en augmentant. Quatre ans plus tard, après que la France a connu sa 69ème victime (cinq soldats tués encore aujourd’hui), Nicolas Sarkozy décide du rapatriement des troupes françaises d’ici à 2014.
Le bilan de cette présence française aux ordres de l’Otan, c’est un enlisement, du temps perdu, un résultat incertain, de trop nombreux morts et plus de 500
millions d’euros dépensés uniquement cette année. Tout cela n’est pas le signe d’une politique cohérente mais plutôt d’une approche maladroite, fluctuante et inconsistante.
Dès 2008, je demandais de fixer un objectif de retrait des troupes avec la mise en place des conditions permettant ce retrait. Aujourd’hui, nous sommes face à un échec militaire, civil, institutionnel et économique. La drogue continue de constituer la très large majorité des revenus du pays, la corruption est immense et les nombreuses promesses de la communauté internationales sont trop rarement concrétisées.
Néanmoins, des solutions existent pour la population afghane. Nous devons -enfin- changer notre stratégie d’intervention et tout remettre à plat. Dans ce cadre, nos objectifs majeurs doivent être le rétablissement de l’autorité de l’État et des services publics, le soutien aux initiatives économiques locales, la fin de l’instrumentalisation des ONG, la construction d’écoles et d’établissements éducatifs et la lutte contre les réseaux de la drogue.
Jean-Louis BIANCO
