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Désirs d'Avenir des Vals de Saintonge

Blog de soutien à Ségolène ROYAL, Présidente de la région Poitou-Charentes.

Avec sa stratégie droitière, Sarkozy perd sur tous les tableaux

Publié le 27 Avril 2012 par Daniel GIAT in zeredac

Nicolas Sarkozy au Raincy, le 26 avril - cc UMP Photos

Nicolas Sarkozy au Raincy, le 26 avril - cc UMP Photos

Par Hemingway

Les différentes enquêtes d’opinion publiées depuis hier le montrent toutes : Nicolas Sarkozy perd du terrain sur François Hollande dans les intentions de vote de second tour et l’écart entre les deux finalistes demeure très élevé, entre six et dix points.

Pourtant Nicolas Sarkozy ne ménage pas ses efforts pour refaire son retard. Convaincu dimanche soir, par Patrick Buisson, son conseiller occulte, que le rapport des voix entre la gauche et la droite prise dans son acception large, c’est-à-dire intégrant le Front National, mettait la victoire à portée de sa main, il a adapté sa stratégie d’entre-deux-tours en conséquence : l’électorat de Marine Le Pen étant le plus important à récupérer, il s’adresse exclusivement à lui.

Ne sachant guère faire dans la demi-mesure, et pressé par le temps, il a sorti la grosse Bertha pour annexer les troupes frontistes, vampirisant sans même les adoucir les mots et les idées de leur cheftaine.

Cette pure tactique électorale a pour première conséquence de souder la gauche autour de François Hollande. L’anti-Sarkozysme était jusqu’à maintenant un facteur puissant de cohésion, il devient depuis le 22 avril, un ciment indestructible. Résultat : les reports de voix en provenance de l’ensemble des candidats de gauche présents au premier tour, Jean-Luc Mélenchon en tête, s’améliorent encore.

Au centre, François Bayrou, en phase avec ses électeurs, a été obligé de sortir du bois dans lequel il était caché dans l’attente des réponses à la lettre qu’il a adressée aux deux candidats restant en lice, pour condamner Nicolas Sarkozy, coupable à ses yeux, de brader les valeurs du gaullisme et de la démocratie-chrétienne.  Résultat : les reports de voix que ce dernier obtient en provenance des électeurs du Modem stagnent ou se dégradent selon les instituts de sondage.

Nicolas Sarkozy avait anticipé ces pertes en ligne de ce côté-là de l’échiquier.

Mais la contagion du refus de la droitisation de la campagne gagne le camp de la droite modérée et gaulliste. De plus en plus de voix s’élèvent, mezzo voce ou bruyamment. Celle de Dominique de Villepin a une résonnance particulière et les mots qu’il utilise dans une tribune sur le monde.fr portent : « Les lignes rouges républicaines sont franchies une à une. Je veux le dire aujourd’hui avec gravité. C’est une route sans retour. La dérive électoraliste qui s’est engagée est un processus incontrôlable et sans fin. Une concession en entraînera toujours une autre. Un gage à l’extrémisme (…). Une digue rompue en fera céder une autre. Halte au feu ! ».  C’est désormais l’électorat gaulliste, attaché à une certaine idée de la France, qui risque de fuir.

Pire pour Nicolas Sarkozy, cette stratégie ne lui fait non seulement rien gagner du côté du Front National, mais au contraire les reports de voix lepénistes en faveur de François Hollande s’améliorent. Le repoussoir Sarkozy est si fort que des électeurs de Marine Le Pen sont prêts à voter pour le candidat socialiste en dépit des concessions inimaginables il y a encore quelques semaines que leur fait le président sortant.

En définitive, Nicolas Sarkozy perd sur tous les tableaux. Dans une interview donnée à France Inter qui sera diffusée demain sur le thème du sport, il a eu cette phrase sibylline qui marque un moment de lucidité :
« on ne peut pas être triste que quelqu’un d’autre prenne votre place (…). De toutes manières, c’est la règle pour le sport, c’est la règle pour la politique ».

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