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Désirs d'Avenir des Vals de Saintonge

Blog de soutien à Ségolène ROYAL, Présidente de la région Poitou-Charentes.

C'est l'histoire de Toto qui loupe sa sortie

Publié le 19 Août 2011 par Daniel GIAT in Ca va mieux en le disant

 

C'est l'histoire de Toto qui loupe sa sortie

par Mickaël Vallet, jeudi 18 août 2011, 18:38 

Bernard Tomasini, conseiller du président de Véolia

 

 Dans les quotidiens Sud-Ouest et La Charente Libre du 13 août 2011,

Bernard Tomasini explique qu'il n'est pas un préfet politique tout en canardant

la région à longueur de colonnes. C'est aussi crédible que Serge Gainsbourg

intervenant dans une école primaire pour expliquer les méfaits de l'alcool. En

beaucoup moins drôle.

 

Du Préfet Tomasini je n'ai qu'un seul souvenir personnel. En décembre 2008, le pays Marennes Oléron était le premier territoire de la région à mettre en place les fonds européens LEADER obtenus dans le cadre d'une procédure pilotée par l'Etat. La préfecture de région a souhaité marquer l'événement en organisant une signature de partenariat en bonne et due forme, à Oléron, avec la presse et en présence de Monsieur le préfet de région.

Récemment élu président du pays et encore totalement pénétré d'une confiance certaine en l'Etat, au delà des options partisanes des uns et des autres et en dépit de mon opinion sur la façon dont le pays était présidé depuis un an et demi, j'avais pris soin de préparer un petit discours adapté à la circonstance, avec remerciements à Monsieur le préfet de région pour sa première visite en Charente-Maritime depuis sa nomination à Poitiers et avec un petit couplet de rigueur sur les atouts de mon territoire et les chantiers auxquels il convenait que nous nous attelions ensemble. En fait de rencontre convenue et sympathique (par son objet la réunion s'y prêtait), j'ai assisté à une représentation assez particulière.

 

Tous les services de l'Etat présents attendaient comme il se doit Monsieur le préfet à l'entrée du bâtiment. Par contagion, la tension qui régnait s'était étendue aux élus locaux présents qui, pour un peu, auraient fini par se mettre au garde à vous (au sens propre et physique du terme) lorsque le véhicule régionalo-préfectoral apparût devant le batîment. Mais la voiture ne s'arrêta pas et alla se gara devant l'autre aîle. Comme si un coup de revolver avait retenti sur un stade d'athlétisme toute la petite troupe se mit à courir d'une même foulée à travers les couloirs pour réserver à l'invité du jour l'accueil dû à sa fonction (et je le dis ici sans ironie, en dépit du comique de situation décrit ci-avant).

 

Et là, la douche froide.

Descente de voiture rapide, serrage de mains automatique sans s'enquérir de l'identité de ses interlocuteurs et prise de position immédiate autour de la table pour signer la fameuse convention et permettre la prise de photo afférente.

 

Puis vint le temps des discours. L'ambiance ayant été refroidie par une arrivée qui avait plus à voir avec une descente de police dans un couvent de bonnes sœurs à six heures du matin qu'à une rencontre entre Etat et élus locaux, je me doutais bien que mon discours ferait assez peu d'effet aux visiteurs du jour. Mais, en moi même, « j'ajoutai marche, Gascon, fais ce que dois! ». C'est après tout pour les habitants du territoire que nous fixons des perspectives et peu importe si les fonctionnaires, fussent-ils hauts, n'y prêtent pas une oreille attentive.

 

Mon petit mot achevé, l'ensemble de l'assistance eut droit à des propos plutôt étonnants, pour ne pas dire vexants. On ne saurait reprocher au Préfet Tomasini un discours trop convenu puisque ces paroles furent plutôt inconvenantes. Pas un mot pour les projets de territoire à développer grâce aux fonds européens, pas un mot pour la coopération Etat-pays, pas un mot pour se féliciter de l'obtention de cette enveloppe. Les seules paroles du préfet furent pour mettre en garde les élus du pays sur la vigilance sans faille que l'Etat assurera pour contrôler l'utilisation des fonds européens et leur bonne affectation. Un élu placé près de moi lâcha assez justement à mon oreille: « la confiance règne ».

 

La réprimande dura de longues minutes et lorsque le Préfet quitta les lieux sans saluer l'assistance, nous laissant pantois autour de nos verres de pineau et de nos petits fours (on ne reçoit pas le réprésentant personnel du président de la République tous les jours), nous avons été plusieurs à l'imaginer vérifiant qu'il avait toujours son porte-monnaie sur lui en montant dans sa berline.

 

Pour le vivre au quotidien, je peux témoigner de la volonté toujours réaffirmée de Ségolène Royal de travailler avec les territoires. Il faut savoir qu'en Poitou-Charentes, les subventions régionales sont attribuées après examen par un jury composé d'un représentant régional et des représentants du pays concerné, quelle que soit l'orientation politique des élus. Difficile de faire plus coopératif.

 

Alors quand je lis que Monsieur le Préfet regrette le manque de coopération de la région et qu'il fait peser sur Ségolène Royal les insuffisances de la politique gouvernementale, je n'ai pas de mal à séparer le bon grain de l'ivraie. Je repense à un certain après-midi de décembre 2008, à la descente de police et au porte-monnaie d'un préfet qui s'est comporté avec des élus locaux comme s'il s'agissait de fraudeurs à mettre sous surveillance.

 

De même, lorsque je lis que ce préfet montre du doigt les élus locaux en les accusant, à mots à peine voilés, de ne s'engager en politique que pour recueillir des indemnités je manque de m'étouffer, sachant que le même Tomasini s'en va pantoufler dans les réseaux chiraquiens de Veolia en attendant de se trouver une circonscription. Et le pantouflage n'est pas une activité bénévole. Au passage, Monsieur le nouveau conseiller du président Proglio apprendra qu'il existe même des élus locaux qui font le choix de gagner moins que dans leur administrations d'origine pour servir en politique. Si, si, je vous assure.

 

Au fond, c'est l'histoire de Toto qui veut faire de la politique comme le papa de Toto mais qui est obligé de conserver une certaine réserve tant qu'il est préfet. Alors Toto se retient plus ou moins pendant qu'il est en exercice mais à deux jours de sa mise en détachement pour pantoufler chez Véolia, Toto reçoit des journalistes et se lâche au-delà de ce qu'on peut attendre d'un préfet de la République. Et du coup Toto rate sa sortie.

 

La chute est assez mauvaise mais c'est toujours comme ça dans les histoires de Toto.

 

Et celle-ci est encore moins drôle que les autres parce qu'il s'agit de la République, de ses principes et de la façon dont la présidence sarkozyste autorise certains serviteurs de l'Etat à les bafouer. Ce qui mérite, vous en conviendrez, un zéro plus zéro.

 

 

 

 

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