Et nous serions tenté de dire : tu ne crois pas Lionel que tout le monde s’en fout, 8 ans après ?
« J’assume pleinement les responsabilités de l’échec, et j’en tire les conclusions en me retirant de la vie politique après la fin de l’élection présidentielle » c’est avec cette lourde sentence que tu plantais là parti, militants et électeurs au soir du premier tour de l’élection présidentielle de 2002.
Si la défaite était un profond échec et une humiliation pour toi qui venait de diriger la France en cohabitation avec Jacques Chirac, la presse compatissante te prédisait pourtant un avenir :
Le Nouvel Observateur affirmait le 2 janvier 2003 que, parmi les « électeurs de gauche » : « 69% croient déjà à son retour, 59% souhaitent qu’il soit candidat à la présidentielle en 2007 », et ce alors que « dirigeants et militants veulent tourner la page Jospin » . « Une majorité (51% contre 44) veut qu’il redevienne un acteur de la vie politique, un dirigeant actif. Les sympathisants de gauche sont persuadés que Jospin n’est pas mort le 21 avril. ... / ... 56% d’entre eux pensent qu’il doit s’exprimer à son heure, quand il le jugera nécessaire » - Source Acrimed.
Même si tu as amorcé, depuis, quelques timides retours, fait quelques déclarations tonitruantes et, comme à ton habitude, donné des bonnes et mauvaises notes, tu t’étais fait avec le temps de plus en plus discret au plan médiatique.
Et bien, voilà, tu es de retour, au moment où le navire socialiste, déstabilisé par ton départ grandiloquent, n’arrive toujours pas à se trouver un leader incontesté et incontestable !
Allons nous assister, une fois de plus à un autodafé suivi d’une liste de regrets et de conseils ?
« L’ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin dit assumer l’« entière » responsabilité de la défaite de la gauche lors de la présidentielle de 2002, dans un « film-confession » qui sera diffusé à la télévision en janvier ... / ... Le film réalisé par Patrick Rotman sera diffusé les 14 et 21 janvier sur France 2, dans la foulée d’un livre, « Lionel raconte Jospin », testament politique de l’ancien chef du gouvernement qui sort le 7 janvier aux éditions du Seuil.
... / ... « J’ai surestimé le rejet de Jacques Chirac, j’ai surestimé la perception positive de mon bilan. J’ai sous-estimé l’impact qu’avait la division de la gauche, j’ai sous-estimé le premier tour. Ma campagne n’a pas été assez offensive. Mais quand l’attelage va à hue et à dia, c’est difficile d’être bon », explique Lionel Jospin. L’ancien Premier ministre, sur le plan politique, a le « regret d’une marche qui était à notre portée, à ma portée, à celle de la gauche. Et le sentiment que cinq années avec nous auraient été préférables à la stagnation du quinquennat chiraquien ».
Sur un plan personnel, Lionel Jospin dit à la fois regretter et ne pas regretter que sa vie politique se soit arrêtée avant la dernière marche. « Oui, parce que j’aurais été fier de représenter la France et les Français. Non, parce que j’ai cette chance de pouvoir être heureux hors de toute fonction politique », confie-t-il.
... / ... Lionel Jospin revient par ailleurs sur son passé de militant trotskiste, qu’il a reconnu en 2001 sous la pression de la presse. « Pourquoi je ne l’avais pas dit avant? Honnêtement pour être tranquille », avoue-t-il. « Ce que je peux me reprocher, c’est ne pas avoir répondu en 1995 à une question du Monde ». Le journal lui demandait s’il avait été trotskiste, et Lionel Jospin avait répondu qu’on le confondait avec son frère Olivier. « J’ai répondu non, j’aurais dû répondre oui » AP/Yahoo
Super. Mais pourquoi nous infliger ta thérapie ?
A ce stade, afin d’éviter les discussions sans fin qui permettent de réécrire l’histoire, nous avons préféré nous replonger dans une analyse assez dense, rédigée en 2002 par Gérard Filoche qui était à l’époque Membre du Bureau national.
Cette analyse/bilan a plusieurs mérites.
Tout d’abord de se replonger en 2002 après la défaite et surtout d’être assez intemporelle face à la situation actuelle du Parti Socialiste qui, aujourd’hui comme à cette époque, hésite toujours entre le besoin d’une vraie politique de gauche plébiscitée par les électeurs et une sociale démocratie molle qui ne satisfait personne.
Nous vous laissons lire le texte écrit par Gérard Filoche, ici dans son intégralité.
« Partir Partir
Comme les trains sont bleus
Quand on y pense
Et les bateaux heureux
Quand on y danse
Oh partir sans rien dire »
Et laisser à d’autres qui lorsqu’on leur demandera s’ils sont « trotskistes » ou si « leur campagne est socialiste » répondront « oui » la responsabilité de définir la gauche de demain.
Une gauche, qui gagnera, elle !
Retrouvez les articles de Slovar sur son blog

Source: www.marianne2.fr/
