Chers amis, chères amies,
La politique régionale concrète continue avec des décisions et des actions exemplaires. J'ai fait voté le lundi 27 juin par le Conseil Régional des décisions importantes :
- le plan régional de développement de la formation professionnelle 2011-2015
- le contrats d'objectifs et de moyens pour le développement de l'apprentissage 2011-2015
- le plan de résistance photovoltaïque et la création de la SEM ESTER
- le schéma régional de développement économique, écologique, social et solidaire
Ce matin, j'ai participé à l'Assemblée Générale Mia Electric. Vous trouverez ci-joint le discours que j'ai prononcé devant les ouvriers et en présence de l'équipe franco-allemande à la tête de l'entreprise, qui va passer de 30 à 300 salariés à la fin de l'année.
Amicalement
Ségolène Royal
Le plan régional de développement de la formation professionnelle en Poitou-Charentes
La Région a la responsabilité de définir l'organisation des offres de formation professionnelle initiale et continue. Dans ce cadre, il lui appartient d'élaborer les priorités des formations professionnelles.
En partenariat avec l'Etat et les acteurs économiques de ce domaine, le Contrat de Plan régional de développement des formations professionnelles s'articule autour de trois axes majeurs :
- l'accès de tous à la qualification. Avec le Service Public Régional de Formation (SPRF) en particulier qui a concrétisé cette volonté d'accompagner vers la certification professionnelle des jeunes et des adultes. La qualification est un des moyens d'éviter la précarité et le chômage, elle a donc un but social. Dans une société définie comme société de la connaissance, l'élévation du niveau moyen de la population est un enjeu majeur.
Le fort accroissement de l'apprentissage est aussi un des leviers de développement du nombre de personnes accédant à une qualification. C'est d'ailleurs un axe central du Pacte de Confiance pour l'Emploi des Jeunes. Son développement s'appuie sur une ouverture de certifications dans des métiers nouveaux comme ceux liés au développement durable, mais aussi dans de nouveaux domaines comme la santé ou le sport. Enfin, ce sont de véritables filières qui doivent être accessibles par l'apprentissage du niveau CAP au diplôme d'ingénieur, parallèlement aux filières par la voie scolaire. Il est cependant souhaitable que ce développement ne s'accompagne pas d'une baisse concomitante des effectifs en lycées professionnels.
- la territorialisation des formations. Alors que les formations financées par la Région sont destinées le plus souvent aux demandeurs d’emploi, il faut non pas obliger les stagiaires à se déplacer loin mais au contraire rapprocher les actions de formation des stagiaires, ce qui permet en même temps une meilleure adéquation aux besoins. Pour répondre au premier objectif de renforcer la qualification des habitants sur tout le territoire régional et pour accompagner le développement des territoires, des expérimentations ont été mises en place dans 5 territoires. Ces concertations territoriales permettront de construire les cartes de formation avec plus de pertinence et d'envisager en amont d'éventuelles restructurations des équipements de formation.
- la sécurisation des parcours professionnels. La Région a déjà créé les Contrats Régionaux de Sécurisation des Parcours et la Garantie de Ressources Emploi Formation. Ces dispositifs permettent d’éviter le recours aux licenciements quand l’activité diminue, en utilisant les heures non travaillées pour des actions de formation. La Région garantit 90 % du salaire (jusqu’à 1,5 SMIC) et le contrat de travail est maintenu. Par exemple, chez Heuliez, ces aides de la Région, prévue pour un an, ont permis le maintien de plusieurs dizaines d’emplois, le retour à une activité normale s’étant même produit au bout de sept mois en moyenne.
Dans le même esprit, pour des formations plus pointues que celles assurées dans les actions régionales collectives, le chèque individuel de formation créé par la Région en avril 2011 peut être une base de coopération et de co-financement pour permettre aux individus d'élever leur niveau de qualification, d'accroître leur champ de compétence et de mieux s'adapter aux évolutions technologiques et sociales. La création du Compte Formation Universel régional, appartenant à l'individu et lui ouvrant des droits à la formation demeure un objectif sur lequel la Région est prête à expérimenter avec les branches professionnelles dans le cadre des Contrats d'objectifs territoriaux (COT).
Sur ces axes, la Région souhaite engager des discussions avec ses partenaires pour envisager leur mise en œuvre opérationnelle dès 2012.
Le contrat d’objectifs et de moyens pour le développement de l’apprentissage 2011-2015
La loi prévoit que l’Etat et la Région, avec les partenaires que nous associons à cet effort, peuvent conclure un contrat d’objectifs et de moyens pour développer l’apprentissage. Dans ce cadre, les actions conduites sont co-financées par le fonds national de développement de l’apprentissage, géré par l’Etat à partir d’un prélèvement sur la taxe d’apprentissage.
L'insertion professionnelle des apprentis reste satisfaisante malgré les effets de la crise économique : en 2010, 60 % d'entre eux occupaient un emploi 6 mois après leur sortie de formation.
En Poitou-Charentes, la politique conduite depuis de nombreuses années a permis de donner une place importante à cette voie de formation initiale avec la création de 3000 places depuis 2004.
De ce fait, alors que le Gouvernement vise 7 % des jeunes de moins de 25 ans en apprentissage, nous sommes déjà à 7,3 %, le taux moyen national n’est que de 5 %.
L’objectif régional dans le pacte de confiance pour l’emploi des jeunes est de poursuivre cette action avec une création annuelle de 500 places, soit 2500 supplémentaires d’ici 2015, soit bien au-delà des objectifs nationaux.
La croissance de ce mode de formation doit s’appuyer sur la diversification des filières (notamment dans l’enseignement supérieur et autour des nouveaux métiers) et le renforcement des actions qualitatives d’accompagnement des jeunes apprentis.
Le plan de résistance photovoltaïque et la création de la SEM ESTER
Dans le cadre du plan de résistance photovoltaique, le soutien régional aux grands projets de production d’électricité solaire va s’appuyer sur une société d’économie mixte.
Cette solution vise à permettre aux territoires de se réapproprier la production et la vente d’électricité. Le statut de SEM permet un double partenariat :
- du côté de la production, la SEM a vocation à intervenir, via des participations, dans des sociétés de projets qui construiront des installations de production d’électricité solaire ;
- du côté de la distribution, la SEM s’appuiera sur les entreprises locales de distribution, puisque nous avons la chance d’en disposer en Deux-Sèvres et dans la Vienne.
Cette action conduite autour de la volonté régionale d’accroître la production d’électricité solaire va permettre :
- de rapprocher les coûts de production des prix de marché : alors que le gouvernement a supprimé, quasiment toutes les aides publiques, sans préavis et contrairement à son engagement pris pour trois ans, il faut désormais viser des coûts de production et d’installation donnant un prix de l’électricité proche des prix de marché ;
- de favoriser par un plan d’investissement significatif l’émergence d’une filière industrielle française et régionale : alors que le gouvernement étouffe le secteur au motif qu’il génère actuellement des importations, il est plus ambitieux de se battre pour produire de l’électricité solaire en maîtrisant la technologie et en faisant de nos entreprises des champions pour conquérir les marchés externes, puisque le solaire est un levier de développement essentiel pour de nombreux pays ;
- de veiller à une maîtrise des coûts de l’électricité revendue, de manière à ce que l’énergie coûte moins chère à terme en Poitou-Charentes, faisant de l’énergie un levier important pour la compétitivité des entreprises régionales, face aux hausses annoncées et à la nécessité de la mutation écologique des entreprises.
Concrètement, avec la création de cette SEM aux côtés de Solaire Direct, avec demain de nouveaux actionnaires, nous allons pouvoir engager un premier plan de 120 Méga Watts, ce qui va générer 200 millions d’euros d’investissement.
Ces investissements vont amener à créer 500 emplois.
Ce premier plan va permettre de produire 170 millions de Kwh.
Ce modèle a vocation à être reproduit. Il est innovant, en ce qu’il ne mobilise qu’une faible partie en capital, l’essentiel étant apporté par des prêts bancaires et des produits de financement à long terme. C’est la cohérence du partenariat entre les producteurs et les vendeurs, autour de la Région, qui permet de construire ce nouveau modèle économique, nouvelle action innovante de Poitou-Charentes.
Le schéma régional de développement économique, écologique, social et solidaire
Depuis 2004, une conviction guide l'ensemble de l'action de la Région sur plan économique : l'économie doit être au service de l'homme et de l'emploi, et non à son propre service; l'activité doit trouver sa place dans les territoires.
Cette autre voie, c'est celle de la social-écologie, d'un renouveau du dialogue social et de nouvelles formes d'entreprises (scop, insertion, PME innovantes...).
La Région a décidé d'adopter un Schéma de Développement Economique, Ecologique, Social et Solidaire pour la période 2011-2015, en approfondissant notamment le partenariat gagnant-gagnant désormais solidement engagé avec les entreprises de Poitou-Charentes.
Ce schéma ne se contente pas de promouvoir un développement économique et social, il se veut, aussi, écologique et solidaire :
écologique parce que déterminé à encourager les efforts de chacun – collectivités, territoires, habitants, salariés, entreprises – en faveur de la croissance verte
solidaire parce qu'emprunt de la conviction qu'une région au développement équilibré ne peut se construire que dans la cohésion et le vivre ensemble, ce qui suppose une proximité entre tous les acteurs et les facteurs de développement.
A travers ce schéma, la Région se mobilise autour de la croissance verte, qui constitue une feuille de route ambitieuse pour faire du Poitou-Charentes un territoire dont le dynamisme économique est tiré par l'excellence environnementale.
Quelques exemples concrets :
a) la Banque Régionale Publique d'Investissement
permettant aux entreprises de trouver plus simplement un moyen de financement pour leurs projets
b) le Pacte Régional pour l'Emploi des Jeunes
permettant la mobilisation des entreprises pour l'emploi des jeunes dans la Région (apprentissage, alternance, tutorat)
c) le Pacte PME
permettant l'engagement des PME en faveur des priorités régionales (excellence environnementale, emploi des jeunes et des seniors, apprentissage, formation professionnelle, dialogue social, santé au travail)
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