La réforme territoriale ou le retour de la France féodale
La réforme territoriale est, à bien des égards, une machine à casser la République et à briser l’unité civique du pays. Ce texte revient sur plusieurs siècles de construction de l’État et est une formidable machine à remonter le temps ! Au fil des articles qui composent ce requiem pour la République, se multiplient les innovations qui fleurent bon le Moyen Age, l’époque des provinces ou des principautés…
Ainsi en est-il des métropoles, ces mastodontes dont la principale caractéristique sera de briser net l’égalité des hommes et des territoires et de défaire un peu plus l’égalité entre les territoires. En ligne de mire ? Les départements et les régions mais aussi l’État qui sera réduit à une dimension résiduelle et autoritaire, celle de garroteur des collectivités locales ! Constituées sur la base d’un seuil démographique de 500 000 habitants, les métropoles sont la grande innovation sarkozyenne en matière territoriale mais, plus qu’une question de seuil, c’est une question de principe que soulève cette innovation institutionnelle.
A ceux qui craignent une Europe des régions, on peut maintenant opposer un démenti catégorique, non pour les rassurer mais pour les inquiéter davantage. La réforme vise à bâtir la France des baronnies et des comtés, des fiefs et des féodalités. Ni plus ni moins. On nous vante la fin du millefeuille administratif, on se retrouve dans la France de l’An Mil !