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Désirs d'Avenir des Vals de Saintonge

Blog de soutien à Ségolène ROYAL, Présidente de la région Poitou-Charentes.

Le discours prononcé par Najat Vallaud Belkacem hier soir à Toulouse

Publié le 29 Mars 2012 par Daniel GIAT in Najat


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Je vous invite à prendre connaissance du discours que j’ai prononcé hier soir, à Tournefeuille

près de Toulouse, au meeting de campagne que je tenais en soutien à François Hollande, à

l’invitation de Monique Iborra, Députée de Haute Garonne, Martin Malvy, Président de

Région, et Pierre Cohen, Maire de Toulouse. Merci à eux! Merci aux militants, organisateurs

et à toutes les personnes présentes!

Cliquer sur ce lien pour télécharger le document au format PDF.


 

Chers Amis, Chers Camarades, Chère Monique, Cher Martin, Cher Pierre,

 

Merci d’être venus si nombreux ! Merci pour votre accueil !

 

Mon émotion est aujourd’hui très vive d’être ici, à Tournefeuille près de Toulouse, cette

grande et belle ville, si douce et agréable à vivre, dont la chair et la conscience viennent

d’être si violemment, et si profondément meurtris par l’attentat antisémite,

incompréhensible et atroce, qui a coûté la vie à un homme et à trois enfants dans une école

juive, quelques jours après le lâche assassinat, en pleine rue, de trois militaires français

Montauban.

 

C’était il y a moins de dix jours :

-          une éternité lorsqu’on pense à l’immense douleur des familles et de proches,

-          une éternité lorsqu’on pense à la peur qui s’est abattue sur la ville, la région et toute

la France pendant les longues heures de traque qui ont suivi la tuerie,

-          une éternité lorsqu’on mesure à quel point cet attentat a menacé la République dans

ses fondements, dans ses valeurs, dans sa cohésion.

 

Mais nous avons résisté, notre pays a résisté à la tentation de la vengeance, de la colère, de

la haine, de la division… Nous avons su rester unis pour dire notre refus du racisme, de

l’antisémitisme, de l’intégrisme, des fanatismes, du terrorisme.

 

Nous y avons tous pris notre part, derrière François Hollande qui a tenu son rôle de

responsable politique et d’élu républicain de tout premier plan, et avec la hauteur d’esprit,

le sens des responsabilités, la stature, et la dignité que nous lui connaissons.

 

Aujourd’hui, il y a du soulagement dans chacun de nous, mais il y a aussi – pourquoi le

cacher ? – de l’inquiétude devant le risque que cela se reproduise, le risque que la

prochaine fois, la cohésion nationale et la République vacille, s’effrite… ou s’effondre.

 

C’est pourquoi, ce soir, comme jamais dans une réunion publique ou dans un meeting, nous

éprouvons un vrai besoin de nous retrouver, d’être ensemble pour nous sentir humains :

nous avons besoin plus que jamais de solidarité, d’unité, de fraternité.

 

Je dis nous en pensant à nous qui sommes dans cette salle ; nous qui sommes pour

beaucoup des camarades… mais en réalité je pense aussi à nous, le peuple de France, au

delà de nos origines, de nos religions, de nos conditions sociales, de nos préférences

philosophiques ou politiques, à nous, les héritiers de la France des Lumières et de la

Déclaration des droits de l’Homme, à nous, les défenseurs des valeurs de la République :

nous avons besoin de savoir que nous pouvons être ensemble, que nous savons être

ensemble, lorsque l’essentiel est en jeu.

 

C’est parce que nous sommes dans la fidélité à cette longue et belle tradition que,

précisément, nous avons su faire taire les différences pour respecter la souffrance et le

deuil, respecter le travail des forces de l’ordre, respecter aussi l’ordre républicain en

laissant le Président en exercice jouer pleinement son rôle parce que l’importance du

moment l’exigeait, parce que la fonction du Président devait primer sur les intentions du

candidat.

 

Lorsque la campagne a repris ses droits, nous n’avons pas eu à improviser, à tout mélanger,

à parader, à menacer et à promettre… nous sommes revenus à nos fondamentaux d’un

projet de redressement de la France qui passe d’abord par l’emploi, la croissance, le pouvoir

d’achat, la réindustrialisation, l’éducation ou le logement… mais qui passe aussi une autre

façon de gouverner, une autre façon de concevoir l’exercice du pouvoir, l’exercice de l’état,

l’exercice des responsabilités… et c’est ainsi que nous sommes restés nous-mêmes, que

nous sommes restés à l’unisson des Français.

 

C’est pour ça que je veux le redire ici avec force :nous devons être fiers de ce que nous

avons fait, fiers de ce que nous sommes et de ce que nous portons – malgré les attaques et

les critiques – parce que la seule leçon à tirer de ce qui s’est passé, c’est que nous avons

besoin de plus de République, et donc besoin de plus de justice, de plus de démocratie, de

plus de confiance et d’apaisement…

 

Nous l’affirmons depuis des mois, nous les proposons très concrètement depuis des mois…

Pourquoi dire autre chose aujourd’hui ?

 

Qu’aurions-nous à nous reprocher, nous qui n’avons pas hésité à suspendre notre

campagne le temps de la décence et de la responsabilité, avant de la reprendre à l’endroit

même où nous l’avions laissée sur les préoccupations de Français… avec la gravité qui

s’impose, mais aussi avec fermeté, avec combativité, sans fausse candeur, naïveté ou

tolérance à l’égard de celles et de ceux qui ont été tentés de tirer profit d’une situation aussi

terrible à des fins politiciennes… et qui, pour certains, ont succombé à la tentation !

 

Nous pouvons être fiers, au contraire, d’avoir adhéré sans réserve à cet élan de

rassemblement républicain qui était nécessaire pour surmonter une épreuve collective

terrible, fiers de n’avoir émis aucune critique à l’égard d’un Président de la République

dans ses fonctions à un moment crucial pour la cohésion nationale, fiers d’avoir réservé nos

pensées et notre parole à la mémoire des victimes, à l’apaisement, et à l’expression de

notre reconnaissance à l’égard des forces de l’ordre.

 

Fiers de ce que nous avons dit et de ce que nous avons fait car si la République a tenu, nous

avons vu, ici et là, des failles, des fragilités, de zones de risques dans l’édifice si fragile de

notre vivre-ensemble: nous savons qu’il faut à la fois tout faire contre la violence, le

terrorisme, les fanatismes, mais aussi tout faire pour consolider la maison républicaine !

 

C’est ça notre seul rempart contre la violence : c’est ça le fondement de notre projet pour

redresser la France !

 

Alors, pourquoi s’étonner que nous disions aussi que avons besoin d’un Président qui

incarne cela, pas seulement dans les moments de crise, mais 7 jours sur 7, 365 jours par an,

pendant 5 ans… et que nous avons notre petite idée là-dessus…

 

Est-ce de la polémique de dire cela, est-ce honteux de le penser ? Est-ce un droit que nous

n’aurions pas, de faire campagne pour notre candidat, à 25 jours du scrutin ?

 

Ce qui est honteux, oui, c’est d’exploiter les événements sur le terrain de la sécurité et de la

prétendue « religion d’apparence » des uns ou des autres… pour mener une campagne qui

n’a rien à dire, avec un bilan catastrophique derrière soi, et l’absence de tout projet devant

soi. Car, non, la vague promesse d’être « différent », l’assurance de mener la même

politique, et l’intention d’organiser quelques référendums de temps en temps ne font pas

un projet !

 

Nous sommes accusés de tout, à tort et à travers, avec un cynisme et une mauvaise foi qui

ne me surprennent pas, mais qui me révoltent – encore hier soir Nicolas Sarkozy nous

pointaient du doigt dans un meeting en Loire Atlantique ! – alors même que nous n’avons

jamais cessé, nous, de faire notre campagne sur les idées, sur les arguments, sur un projet

qui compte 60 engagements pour le changement, et que chaque Français peut se procurer.

L’UMP ne peut pas en dire autant !

 

Alors malgré les insinuations et les provocations, nous devons garder notre cap, notre

sérieux, notre morale, notre façon de faire de la politique, notre envie profonde et notre

désir sincère de changement, et refuser toute surenchère sur le terrain de l’adversaire.

 

Nous le faisons parce que nous y croyons, parce que nous pensons que c’est nécessaire pour

notre démocratie et l’avenir de notre pays, parce que nous avons la conviction et le

sentiment renforcés comme jamais que la République et la cohésion nationale sont nos

biens les plus précieux dans la construction de notre destin collectif.

 

François Hollande appelle cela le redressement de la France, il appelle cela une République

exemplaire, il appelle cela redonner espoir et confiance aux nouvelles générations !

 

Les Français le savent, ils sont plus lucides, plus intelligents, plus sages et sereins que leur

Président sortant : ils savent où sont les vraies priorités, ils savent ce qui peut être promis,

ce qui peut être tenu, et ce qui ne l’est pas, ce qui relève de l’agitation pour capter la

lumière, et ce qui relève d’un projet pour l’avenir.

 

Le chômage et l’emploi, le logement, le pouvoir d’achat, l’éducation et l’avenir des jeunes

générations sont les vrais enjeux de cette élection : François Hollande y répond, il y répond

avec clarté et constance, il est le seul à le faire, et comme dirait certains sous couvert de

OFF dans les journaux… « ça commence à se voir » !

 

Ça se voit parce que c’est annoncé, présenté, expliqué, chiffré, noir sur blanc, depuis la fin

du mois de janvier : nous n’avons rien à cacher, nous n’avons rien à esquiver… Nous avons

à convaincre sur la base de nos idées, de nos valeurs, de nos engagements et de notre

projet !

 

Nous n’avons pas peur, nous, de montrer notre vrai visage !

 

Qu’allons-nous faire ?

 

Relancer la production, l’emploi et la croissance avec une banque publique d’investissement

pour les PME, la mobilisation de l’épargne des Français pour investir dans l’économie réelle,

le retour des industries et des emplois en France en changeant les règles du jeu d’une

fiscalité absurde, l’investissement dans les secteurs stratégiques des nouvelles technologies

et du numérique, le tout avec une nouvelle donne pour l’économie verte et les stratégies

d’investissement à l’échelle européenne.

 

Rétablir de l’équité entre les citoyens contribuables avec une grande réforme fiscale qui

redistribue les cartes et restaure la confiance dans l’impôt, une nouvelle réforme des

retraites plus juste, un accès aux soins pour tous dans de meilleures conditions, une

accélération de la construction de logements et un encadrement des loyers dans les zones

où les prix sont devenus délirants.

 

Redonner espoir aux jeunes et plaçant leur avenir au cœur de la stratégie d’action pour le

mandat : François Hollande a demandé  être jugé là-dessus, c’est sa priorité. Non pas pour

les jeunes eux-mêmes seulement, comme une catégorie à part, mais pour toute la société !

C’est le contrat de génération pour favoriser l’embauche des jeunes dans les entreprises,

tout gardant à l’emploi les salariés les plus expérimentés, ce sont les 150 000 emplois

d’avenir en priorité dans les quartiers populaires, c’est la sécurisation des parcours

professionnels…

 

C’est aussi l’éducation, bien sûr ! Avec 60 000 postes supplémentaires dans l’éducation sur

5 ans, ce sont les moins de 3 ans accueillis dans les maternelles, c’est la réforme des

premiers cycles universitaire et la remise en ordre des universités françaises, si malmenées

au cours de ces dernières années.

 

La priorité à la jeunesse, nous l’avons détaillé tout à l’heure, pendant le café citoyen qui

précédait cette réunion publique, n’est pas un vain mot, c’est l’épine dorsale de notre

projet, le sens de l’action à mener, l’objectif ultime d’une politique progressiste vraiment de

gauche : que demain soit meilleur pour nos enfants !

 

Quand je dis demain, c’est demain, pas après-demain, c’est dès le premier tour, le 22 avril,

en faisant le seul choix possible, celui de l’alternance à Nicolas Sarkozy : le choix de François

Hollande !

 

Merci !



Source :        Najat Vallaud-Belkacem
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