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Désirs d'Avenir des Vals de Saintonge

Blog de soutien à Ségolène ROYAL, Présidente de la région Poitou-Charentes.

Le PS ou la machine à perdre

Publié le 13 Novembre 2010 par DANIEL GIAT in Le Parti Socialiste

Le PS ou la machine à perdre

Par jacques attali, publié le 10/11/2010 à 18:54

 

 

Attali-Jacques.jpgPresque personne ne parie aujourd'hui sur une réélection de Nicolas Sarkozy en 2012: il est impopulaire, jusque dans son propre camp; la situation économique et sociale du pays est désastreuse et ne va pas s'améliorer d'ici à dix-huit mois. Le chômage n'aura pas diminué; les inégalités ne se seront pas réduites; les économies budgétaires auront fait beaucoup de mécontents; et il faudra en réaliser plus encore dans le budget 2012, qu'il s'agira de faire voter six mois avant les élections, pour ne pas avoir à affronter la défiance des prêteurs.

 

Sans même tenir compte des innombrables inimitiés que le style du président a suscitées à droite même, ni des affaires multiples qui empoisonnent l'atmosphère politique, les conditions semblent donc réunies pour que, en 2012, pour la première fois depuis vingt-quatre ans, la gauche gagne l'élection présidentielle et les législatives qui suivront. 


Et pourtant, il est vraisemblable qu'il n'en sera rien; car la gauche a mis en place, une fois de plus, une de ces formidables machines à perdre dont elle a le secret. Elle risque fort d'échouer pour au moins six raisons:

 

1. Le PS ne désignera pas son candidat avant octobre 2011. Ce qui le laisse jusque-là sans porte-parole ni programme. Or la France n'a jamais élu président quelqu'un qui n'était pas clairement identifié comme candidat depuis longtemps. 


2. A l'intérieur même du PS, les dirigeants sont plus occupés à s'entre-déchirer qu'à construire une réponse crédible à la crise. Le PS n'a pas de ligne - ou plutôt il en a cinq ou six, au gré de ceux qui s'expriment.

 

3. L'actuelle direction du Parti socialiste, particulièrement faible, est l'otage de son aile gauche irresponsable, sommaire et incompétente, qui s'exprime au nom du parti, dont elle est même le porte-parole. Une telle position n'aurait de sens que si elle était cohérente comptablement, ce qui était le cas quand François Mitterrand fut élu, sur un programme d'union de la gauche, radical mais cohérent et chiffré. C'est loin d'être la même chose aujourd'hui. Ce qui ne peut qu'aliéner au PS des voix du centre, sans lui en rapporter aucune venue de l'extrême gauche ni même du camp des abstentionnistes.

 

4. Certains notables socialistes pourraient préférer perdre la présidentielle pour être plus sûrs de gagner les élections locales suivantes: pourquoi se sacrifieraient-ils tous pour la victoire d'un seul d'entre eux?

 

5. Les différents partis de l'opposition ont des conceptions économiques et écologiques aux antipodes les unes des autres, et ne travaillent pas à définir un programme commun minimal, de peur de révéler au grand jour l'immensité de leurs désaccords.

 

6. Plus encore, les écologistes pensent avoir tout intérêt, comme les communistes en leur temps, à faire perdre les socialistes, afin d'ouvrir la voie à une tout autre forme d'alternance, entre deux modèles de développement et pour rejeter les socialistes au rang de parti d'appoint de la droite.

 

Les électeurs de gauche ne peuvent que désespérer d'une telle coalition de perdants. D'autant qu'une défaite de la gauche en 2012 la renverra à 2017, date à laquelle la gauche aura été écartée de l'Elysée aussi longtemps qu'entre l'avènement de la Ve République, en 1958, et l'élection de François Mitterrand, en 1981.

 

La gauche peut encore sortir de ce piège qu'elle se tend à elle-même. A condition de l'affronter lucidement. Et de ne pas oublier que Nicolas Sarkozy a été et restera un redoutable adversaire pour la présidentielle. Un adversaire qui, à la différence de tous ses rivaux, ne pense qu'à ça. 

 

Source:www.lexpress.fr/

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