Ségolène Royal le 27 novembre dernier © SIPA
Si l’on ne prend en compte, ce qui est logique, que les seuls sympathisants du PS, la décision surprise de Ségolène Royal de brusquer le calendrier du parti et de se déclarer candidate aux primaires qui désigneront celui ou celle qui représentera la gauche en 2012 est largement « approuvée » (57 %, contre 43 % d’un avis contraire).
Sous cet angle, l’opération commando de Royal est une réussite, même si la majorité des Français, toutes tendances confondues cette fois, désapprouvent la présidente de la région Poitou-Charentes (63 %, contre 37 % qui applaudissent).
Les plus favorables à Royal, en dehors de l’électorat PS : les 18-24 ans (44 %) et l’extrême gauche (50 %). Les moins favorables : les 50-64 ans (68 %) et les sympathisants UMP (78 %) puis Modem et Front national (69 % chaque fois).
En revanche, Ségolène Royal n’est pas parvenue à ce jour à convaincre les Français qu’il y aurait urgence à remettre en question le calendrier officiel du PS. Un calendrier qu’elle juge beaucoup trop tardif puisque le futur candidat ne sera intronisé qu’à l’automne 2011.
Certes, 40 % des sympathisants du PS – ce qui n’est pas négligeable – partagent son avis, mais 60 % restent d’un avis contraire, et jugent « approprié » le calendrier fixé par Martine Aubry. Comme s’ils craignaient, à l’heure de la crise monétaire, un feuilleton interminable et, pour le coup, « inapproprié ».
A moins que le statu quo soit, à leurs yeux, le meilleur moyen de protéger Dominique Strauss-Kahn qui, en tout état de cause, ne pourrait pas « se libérer » trop tôt. Et cette réticence à vouloir modifier le calendrier prévu est encore plus nette si l’on considère l’ensemble des Français : toutes tendances confondues, ils sont 67 % à trouver que cela va très bien comme ça. Et 33 % seulement à suivre Royal dans sa revendication.
Sondage exclusif réalisé par l’Ifop pour France-Soir du 30 novembre au 2 décembre 2010 auprès d’un échantillon national représentatif de 1.028 personnes âgées de 18 ans et plus. Méthode des quotas.
Source: www.francesoir.fr/politique/