Ségolène Royal regarde droit devant elle, comme toujours. Trace sa route avec une rare détermination et dit qu'elle va gagner la primaire socialiste. Personne n'y croit? Si, elle. Contrairement à la plupart des socialistes (n'est-ce pas, Lionel Jospin?) elle a parfaitement compris ce qu'était l'élection présidentielle. Un tête-à-tête intime et mystérieux entre un candidat et un peuple. Il faut qu'une alchimie se produise. En 2007, l'alchimie s'était arrêtée au soir du second tour, face à un Nicolas Sarkozy mieux armé, mieux préparé, mieux entouré, mieux inspiré. Près de cinq ans plus tard, on demande à Ségolène Royal si elle "joue" la présidence de l'Assemblée nationale. Elle vous regarde comme si vous aviez dit une incongruité. "Non, puisque je vais gagner la primaire!" et donc être candidate à l'élection présidentielle. Comme Nicolas Sarkozy, comme François Bayrou, comme hier Laurent Fabius, comme demain Jean-François Copé, elle ne pense qu'à l'Elysée. Ça ne suffit pas pour gagner. On a quand même envie de dire: quelle sacrée bonne femme !