Cette position est irresponsable au regard de l’urgence
environnementale et de l’argent publique mobilisé.
Les réserves de substitution font l’objet de résistance de la part des citoyens pour plusieurs motifs :
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A quoi vont servir ces réserves ?
Les réserves sont un équipement de plus proposé aux maïsiculteurs pour maintenir cette plante tropicale sur un territoire plutôt éloigné des tropiques ! De ce fait ses besoins en eau sont disproportionnés à l’égard de la ressource disponible et à l’origine de la dégradation de la ressource en eau tant sur le plan qualitatif que quantitatif. Quand une famille de quatre personnes consomme 150 m3 d’eau pour an pour ses besoins domestiques, un hectare de maïs en consomme en consomme environ 2000 m3, soit l’équivalent de la consommation de plus de 50 personnes ! En Charente Maritime, département de Monsieur Bussereau, 38 000 ha de maïs sont chaque année irrigués. Faites les comptes (80 millions de m3)! L’une des premières victimes de ces excès est l’ostréiculture de Marennes Oléron qui manque cruellement d’eau douce en période estivale durant la reproduction.
Le maïs mobilise beaucoup d’azote et fait appel à des programmes herbicides intensifs menaçant la qualité de notre ressource en eau à l’origine en Charente Maritime, entre 1984 et 2007 de la fermeture de 150 captages d’eau potable. L’usage massif de ces substances de synthèse est également à l’origine de l’effacement de la vie des sols.
Maïs qui lui-même, complété par du soja importé majoritairement d’Amérique du sud et de préférence OGM, est utilisé dans les élevages intensifs de volailles, bovins ou porcins qui ne vivent plus sur les prairies, posant quand même la question du bien être animal, mais aussi de la qualité des produits carnés et laitiers issus de ces élevages.
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Comment fonctionnent les réserves ?
Il ne s’agit nullement de retenues collinaires qui consistent, entre deux éléments de relief (en l’occurrence des collines) à créer un barrage pour retenir l’eau. L’ancien Ministre de l’agriculture devenu Président du Conseil Général de la Charente Maritime semble bien peu connaître nos traditions agricoles et notre relief régional pour espérer réaliser des retenues collinaires sur un territoire où les collines n’existent pas !
En réalité, ces réserves sont des réservoirs creusés sur des parcelles de plusieurs hectares, sur 7 mètres de profondeur et 4 mètres de digues, constituant des aménagements paysagers « discutables », étanchés par une bâche et remplis, certes en hiver, par des forages dont les prélèvements hivernaux menacent l’équilibre hydrologiques de nombreux bassins versants. Absolument rien à voir avec des retenues collinaires !
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Qui finance les réserves ?
Le maïs, bien avant l’élevage ou même les productions céréalières en cultures sèches, est le grand bénéficiaire de la distribution d’argent public issus de la PAC (Politique Agricole Commune), qui représente en région Poitou Charentes 660 millions d’€. Depuis le début des années 90, la majoration des aides européennes en faveur du maïs est 30 % supérieure à celle destinées au soutien des céréales en cultures sèches, pourtant plus respectueuses de la ressource en eau. C’est justement ces aides qui donnent une attractivité économique au maïs. Et c’est au titre de cette économie déjà artificielle, que les promoteurs des réserves légitiment ces équipements et sont donc prêts à financer à 70 % la création de ces retenues. En Charente Maritime Mr Bussereau vient d’octroyer, ce 11 décembre 2009, 16 millions d’€ sur le budget départemental, qui, complété par l’agence de l’eau, l’Etat et l’Europe, permet atteindre 60 millions d’€, pour accompagner la mise en place des réserves. Si le maïs est si rentable, grâce déjà aux aides publiques, pourquoi ne peut-il pas auto financé lui-même ses propres moyens de production ? Vous savez maintenant comment sont utilisés les impôts des Charentais Maritime et comment Mr Bussereau envisage d’utiliser ceux des Picto Charentais !
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Comment seraient gérées ces réserves ?
Nous aurions pu penser qu’à argent public, gestion publique. Point du tout, ces équipements permis par la mobilisation d’argent public, sont confiés aux ASA (Association Syndicale Autorisée) d’irrigants qui gèrent, seuls, l’usage de l’eau, pourtant connu pour être une ressource commune à tous. Les irrigants, soutenus par des élus tels Mr Bussereau, se la sont visiblement accaparée, sans réel partage.
L’agriculture a parfois besoin d’irriguer pour sécuriser ses productions et en région Poitou Charentes, en limitant les prélèvements pour l’irrigation à la ressource disponible, toutes les productions traditionnelles de notre région sont permises, sauf le maïs ! Alors pourquoi s’entêter dans cette voie et continuer de mobiliser tant d’argent public dans une production qui en a déjà bien trop mobilisé ? D’autant plus que des alternatives pertinentes existent tans sur le plan économique, que social et environnemental, sans modifier la filière aval !
Quelle authenticité, quel lien au terroir, quelle démarche qualitative trouve-t-on dans les produits issus de la filière maïs ? Lorsque l’on utilise de l’argent public, ne doit-on s’assurer d’un usage en adéquation avec les attentes citoyenne qui affichent l’espoir d’une agriculture qui, certes nourrit l’humanité, mais qui respecte aussi la biodiversité, les équilibres, les ressources et particulièrement l’eau, le bien être animal, la santé publique ?
Les maïsiculteurs et Mr Bussereau devraient probablement être davantage à l’écoute de ces citoyens et rapidement s’engager dans des démarches qualitatives avéréespar Benoit Biteau