Quels que soient les candidatures qui se soumettront au verdict de cet exercice démocratique, Ségolène doit rester candidate jusqu’à l’issue du processus. Je crois pouvoir affirmer en écrivant ceci, que des centaines de milliers de Français ont le même souhait. Sa présence dans ce mécanisme est la meilleure garantie que celui-ci aboutisse. Le moins que l’on puisse dire, c’est que certains « influents » du PS donnent le sentiment de vouloir’étouffer cette démarche neuve, afin quelle ne suscite pas un trop grand enthousiasme populaire.
Ce mauvais calcul, que je prête volontiers a ces caciques rebaptisés « reconstructeurs », s’il venait à réussir, ferait de ces primaires un double fiasco. D’une part le taux d’abstention réduirait considérablement le rayonnement d’influence du PS à gauche. D’autre part cette désaffection affaiblirait le/la candidat(e) désigné(e), qui devra fédérer sur son nom l’ensemble de la gauche pour l’emporter lors du second tour des Présidentielles. (À condition d’être présent au second tour). Juste une parenthèse. Si l’on choisit de s’appeler les reconstructeurs, c’est bien parce qu’on a fait le constat que le PS était démoli.
Il faudra qu’on m’explique comment DSK pourrait fédérer la gauche radicale. Il faudra également que l’on m’explique pourquoi l’idée même circule que Ségolène, ou n’importe quel autre candidat déclaré ou pressenti, devrait se retirer si le patron du FMI trouve un jour le bout de son laborieux chemin. Si nous voulons des primaires c’est pour que différentes visions politiques et sociétales soient proposées aux choix des Français, et non pour leur en imposer une.
Ce parti est pour le moins singulier. Alors qu’en 2006 il clamait avec force que : « ce ne sont pas les sondages qui choisiront son candidat », il est aujourd’hui tombé en pâmoison devant le plus encensé par la même industrie. Au demeurant, si on veut raisonner selon les sondages, en 2006 Ségolène caracolait devant ses challengers. Pour autant le Parti n’a jamais envisagé de supprimer les primaires. Bien au contraire, ces primaires devaient nous montrer que la popularité de Ségolène n’était qu’une « hallucination collective ». Souvenez-vous des prédicateurs de mauvais augure. « Au premier tour on choisit, au deuxième tour on élimine » disaient-ils, fiers et surs de leurs victoires. Manque de bol, il n’y eut qu’un tour.
Tout porte à croire que Ségolène est en mesure de rééditer dans un scrutin ouvert à tous les sympathisant(e)s. Est-ce la raison de la frilosité et du mystère qui entourent l’organisation de ces primaires, jusqu’ à faire douter qu’ elles aient même lieu ? Le moment de la métamorphose du PS est venu. Ni la controversée désignation de Martine AUBRY au congrès de REIMS, ni les grossières manœuvres de ralentissements auxquelles se livrent certains, n’empêcheront ce salutaire aboutissement.
Exigeons, il n’en est que temps, que la Première Secrétaire du PS officie en tant que telle et insuffle l’enthousiasme nécessaire au succès populaire des primaires.
Christian
Source: www.agoravox.fr/
