D'abord, qu'est-ce qui a produit les bons résultats de 2009 ?
- Il y avait déjà la présence de trois "stars" de statures internationales, en particulier Cohn-Bendit qui est le député européen le plus populaire, pendant que les autres partis présentaient leurs seconds couteaux. Un bémol sur l'UMP qui présentait Barnier, lui aussi assez connu comme personnage à vocation européenne.
- L'Europe, c'est la bonne dimension aux yeux du public pour traiter les problèmes écologiques. Même ceux qui prennent l'Europe pour une vaste machine à produire des normes et des réglements se disent qu'au moins, ce genre de contraintes peut être utile pour l'environnement.
- Enfin, la campagne a été très bonne tout simplement parce qu'ils parlaient d'Europe, qu'ils ne donnaient pas l'impression de se tromper d'échéances comme le PS ou le MoDem. Eux, donnaient le sentiment de vraiment connaître leur sujet. Par exemple, je me souviens lors d'un débat comment Cohn-Bendit a mouché De Villiers en lui rappelant qu'il ferait parti d'un groupe parlementaire dont le leader était pour l'entrée de la Turquie. Aucun autre débatteur ne savait ce détail qui tue, ce qui prouvait que Dany était le seul du plateau à maîtriser sont sujet dans ses moindres aspects.
- Et aussi, parmi les votants, il y avait une très grosse partie des socialistes accablés par le catastrophique congrès de Reims qui ne voulaient pas de succès du PS version "Aubry et les éléphants".
Tout ces points positifs ne seront plus réunis pour 2010 car:
- Aucune star ne va se présenter à part en Ile-de-France.
- Les présidents socialistes eux, maîtrisent très bien leur sujet et sont généralement appréciés au niveau local, tandis que les Verts eux on plus une image d'"emmerdeurs" qui sont contre tout.
- Les Verts se trompent de dimension, se trompent d'élection avec ces stupides consignes nationales qui sonnent bon la nostalgie du "centralisme démocratique" d'extrême-gauche. Aussi, j'ai été éberlué par le débat sur France Inter entre Cohn-Bendit et Mélenchon. C'étaient certes de belles joutent oratoires plaisantes à entendre mais... juste un détail, ils ont complètement oublié de parler de politique régionale... il n'était question que de grande stratégie, de grandes idées de grandes manoeuvres mais ça s'est un peu trop vu que les 2 protagonistes n'en n'avaient absolument rien à cirer des régions!
- L'électorat ségoléniste opportunément récupéré en 2009 a été fort maladroitement mal-traité par les attaques artificielles de Cécile Duflot envers Ségolène Royal (car quand on y regarde de plus près, elles sont très proches politiquement l'une de l'autre) et surtout, le refus de faire alliance en Poitou-Charentes au premier tour, avec, cerise sur le gâteau, suspension (exclusion ?) de tous les récalcitrants à la consigne du polite-bureau.
Le score des Verts va donc être décevant un peu partout et particulièrement catastrophique en Poitou-Charentes car je ne vois pas ou ils vont pouvoir trouver une cohérence dans leurs arguments. Si le but était de faire barrage à la droite alors il fallait s'allier au PS partout. Si le but était de "verdir" au maximum le PS dans les régions alors, il fallait faire du cas par cas en donnant des bon points à certaines (en s'alliant) et des mauvais points à d'autres (en ne s'alliant pas) et dans ce dernier cas, il fallait forcément donner un bon point à la région picto-charentaise qui, de l'avis de tous, est à l'avant-garde au niveau écologique.
En Poitou-Charentes, j'ai beau chercher, je ne vois aucune raison qui pousserait un électeur à voter Vert.
- Un électeur traditionnel fidèle de gauche ou de droite va voter PS ou UMP.
- Un électeur traditionnel Vert qui voterait par fidélité, ça n'existe pas, on l'a bien vu à la présidentielle.
- Un électeur socialiste mécontent de la direction actuelle va, en Poitou-Charentes, voter Ségolène Royal.
- Un électeur socialiste anti-Ségolène va trouver d'autres partis comme le Modem ou le Parti de gauche, pas les Verts, qui font partie des gens proches de la présidente de région.
- Un électeur content de la politique régionale va voter PS, l'équipe sortante.
- Un électeur mécontent de la politique régionale ne va pas voter Vert puisque eux, font partie de l'équipe sortante.
- Un électeur voulant "verdir" la politique du PS, va rester sur Ségolène Royal, qui garde l'image d'une des plus vertes des socialistes et ne va pas voter pour un parti soit-disant écologiste qui n'a pas voulu du pouvoir qu'on lui offrait avec la vice-présidence de région et 11 sièges...
En conclusion, si tout reste en l'état, je prévois une déconvenue cuisante aux verts et en particulier en Poitou-Charentes ou je ne les vois même pas dépasser les 2%. Qui prend le pari ?
Mesdames et messieurs de la direction des Verts, il est encore temps d'éviter la catastrophe et de réviser vos positions ne vous enferrez pas dans cette faute politique qui est de partir partout tous seuls à la bataille, ou vous allez le regretter amèrement!
Et vous, qu'en pensez-vous?
Que pensez-vous de la stratégie des Verts pour ces
régionales?
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