Par Dante
Il y avait quelque chose de pathétique hier dans les mots, l’attitude, le moment ” Concorde “. Un sentiment qu’on avait oublié mais qui nous avait frappés en début de campagne. Une non envie, une lassitude, une volonté de faire le job puisqu’il le faut bien mais pas ce feu sacré qui avait caractérisé Nicolas Sarkozy en 2007. Hier, on retrouvait tout cela dans le visage, les mots, la posture, l’attitude du président sortant. Une volonté de faire le spectacle mais avec un ressort cassé, toujours le même, la véritable envie de gagner.
Malgré le sursaut de la seconde quinzaine de mars, lié à la démonstration de force de Villepinte et à la barbarie Merah, l’illusion n’a pas tenu, n’a pas résisté au choc d’une campagne totalement cadenassée par l’égalité des temps de parole et qui ramène chacun sur la même ligne de départ. Ainsi, revient comme un boomerang le bilan, les affaires, l’incohérence de la stratégie en zig zag, que ne peuvent plus effacer les longues performances télévisées ou en meeting.
Vissé, cadenassé comme les copains, Sarkozy n’a plus que lui à offrir, sans apparat, sans artifice et le résultat est là. S’il fait un premier tour très honorable comme le laissent entendre les sondages, la vague de gauche semble vouloir tout emporter au second tour. Il sera temps pour lui après d’avoir des regrets. Notamment d’avoir choisi d’arbitrer en faveur de la stratégie ultra droitière de Patrick Buisson, enclenchée lors du discours de Grenoble en juillet 2010 et qui n’a pas réellement fonctionné, en tout cas pas à sa pleine mesure puisque Marine Le Pen est bien présente dans ce premier tour.
Arbitrer en faveur de Guaino, le gaulliste social, lui aurait probablement permis de courtiser plus ardemment la France du non, hors extrêmes, et le centre que l’idéologie du conseiller délétère d’extrême droite rebute profondément .
Il sera temps pour lui, après le 6 mai de réfléchir sur son comportement personnel, qui est avant tout et surtout la cause principale de son échec du quinquennat. Car les Français auraient pu accepter certaines réformes. Avec la manière, avec les mots, avec la méthode. Pas dans cette ostentation, cette brutalité et ce comportement de petit garçon qui a semble dire à la France et au monde pendant 5 ans ” je vous emmerde “, une stratégie du bras d’honneur qui à tué son image de chef d’Etat.
En attendant, Sarkozy et l’UMP comptent les jours. Hier, la Concorde ressemblait à un chant du cygne. Crépusculaire, disait Renaudot sur Ze Rédac.
Il reste 21 jours à endurer jusqu’au 6 mai en ayant la certitude et la lucidité de son échec. Souhaitons que le candidat UMP et sa meute se tiennent, et gardent de la mesure dans ces 3 dernières semaines.
On imagine déjà les outrances, les accusations dans l’entre-deux-tours, l’agressivité du débat car Sarkozy et les intérêts qu’il représente ne lâcheront pas si facilement le pouvoir .
Mais un avertissement n’est jamais inutile. Raison garder et lâcher prise. La partie semble définitivement perdue pour lui. Il faut juste qu’il l’admette.
Source : http://zeredac.com/2012/04/16/sarkozy-long-chemin-croix/
