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Désirs d'Avenir des Vals de Saintonge

Blog de soutien à Ségolène ROYAL, Présidente de la région Poitou-Charentes.

Ségolène Royal : Apprendre et Agir avec François Mitterrand

Publié le 8 Janvier 2011 par DANIEL GIAT in Ségolène ROYAL

bandeauSégolène lettre d'actualité

Ségolène Royal :

Apprendre et Agir avec François Mitterrand


Campagne de 1981 : jeune magistrate administrative, Ségolène Royal rejoint la petite équipe constituée par Jacques Attali et chargée d'alimenter le candidat en notes sur toutes sortes de sujets. Pour lui, elle organise une rencontre avec les mouvements de femmes qui fait salle comble.

1982 - 1988 : durant 7 ans, Ségolène Royal est chargée de mission à la Présidence de la République où elle suit notamment les questions d'environnement, de santé et de jeunesse.

1988: elle est élue pour la première fois députée des Deux-Sèvres, dans une circonscription (2ème circonscription de Saint Maixent) réputée à droite, où sa victoire surprend, y compris François Mitterrand qui lui avait conseillé de persévérer en cas d'échec de cette première tentative.

1989 : Ségolène Royal plaide auprès de François Mitterrand pour l'inscription du projet de sauvegarde du Marais Poitevin au titre des grands travaux présidentiels.

Septembre 1990 : François Mitterrand déclare « le marais mouillé mérite des travaux absolument urgents de sauvegarde. L'Etat apportera son soutien ». La promesse sera tenue.

1992 : Ségolène Royal est nommée Ministre de l'Environnement dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy.

Elle accompagne le Président de la République au Sommet de la Terre à Rio et peut compter, pour son action ministérielle, sur la conscience aiguë qu'a François Mitterrand de l'importance des questions écologiques, pour la France et pour le monde.

Engagée dans une rude bataille locale pour sauver le Marais Poitevin (la « Venise Verte » des Deux-Sèvres) d'un projet d'autoroute soutenu par Jean-Pierre Raffarin, qui, le traversant, ruinerait cet éco-système, elle a obtenu le soutien de François Mitterrand qui assure les financements nécessaires à ce seul de ses grands projets de nature entièrement rurale.

Le 4 février 1992, le Président de la République vient en personne lancer les grands travaux du Marais Poitevin et prononce à Arçais, commune maraîchine, un discours où il explique les raisons de son appui au projet et à l'action de Ségolène Royal. Il y déclare notamment :

« Et vous, Ségolène Royal ! C'est comme ça qu'elle s'appelle et c'est comme çà que je l'ai reçue moi-même il y a quelques années lorsqu'elle travaillait à mes côtés à la Présidence de la République, avant qu'elle ne se retrouve comme cela subitement, peut-être à la surprise de tous y compris à la sienne, député des Deux-Sèvres. Mais maintenant, le temps a passé, elle a montré ce qu'elle était capable de faire et, au travers de sa recherche, de sa défense de cette région, des productions du Marais Poitevin, je dois dire qu'il me semble que tout cela est en de bonnes mains et qu'elle y mettra l'énergie que je lui connais.

La cause est bonne. Vous avez eu raison de vous y consacrer et je suis également très heureux de voir que – vous m'avez dit 17 Maires – les communes voisines ont pu s'entendre, se regrouper pour défendre en commun un bien inestimable en permettant d'établir la relation entre l'agriculture, la culture traditionnelle de ce pays et ce joyau qui s'appelle le Marais Poitevin, qui aurait été détruit sans aucun doute s'il n'était intervenu quelques défenseurs de ce pays, qui en sont et qui l'aiment, et qui se sont associés à cette belle aventure. (...)

Là, il s'agit de protéger : pourquoi pas en innovant mais d'abord en sauvegardant ce qui a été façonné par la main de l'homme. On dit toujours que le Marais Poitevin est né dans des circonstances biologiques, liées au retrait initial de la mer, mais à partir de là c'eût été le chaos si l'homme ne s'en était mêlé et n'avait dessiné le paysage à force de patience, d'attention et de goût. Car il faut connaître le Marais Poitevin au travers de ses champs et de ses canaux, de ses arbres et de ses villages. Je crois qu'un heureux mariage a été réalisé entre ce que la tradition exige, ce que la production commande pour ce pays mais aussi pour qu'existe cet immense attrait aux portes de Niort. (...)

On m'a vu tout à l'heure mettre un pavé, une pierre sur du ciment, fermer un tuyau à l'intérieur duquel était commémoré pour les temps futurs l'acte auquel nous participons (on va appeler cela tout simplement la renaissance, naissance nouvelle, sauvegarde, vie) et, d'autre part, le pieu battu planté d'une main sûre, heureusement, par de robustes habitants du pays et qui symbolisent parfaitement ce qu'il convient ici de préserver et de propager.

Je vous le répèterai : n'avez-vous pas vu, par les très beaux soirs d'automne, quand les lentilles couvrent entièrement la surface de l'eau et que l'homme et les animaux s'y trompent, croyant continuer leur promenade sur la terre et sont déjà sur l'eau, ils s'en aperçoivent à peine ? Et lorsque les bateaux qui passent laissent dans leur sillage un peu d'eau claire, les lentilles se referment comme si de rien n'était, une sorte de sentiment d'éternité dans la beauté. (...)

Lorsque j'étais venu à Poitiers, il n'y a pas si longtemps, c'était en septembre 1990, j'avais entendu le souhait qui m'était exprimé de la protection du Marais. Alors j'ai pris l'initiative qui nous permet aujourd'hui de devenir optimistes car c'est l'Etat qui donne les moyens de continuer à vivre sur cette terre tout en la préservant.

Protéger, cela ne veut pas dire figer, rester exactement identique à soi-même. Cela veut dire simplement respecter d'abord le paysage et puis ensuite vivre, évoluer dans ce décor qui a une grande poésie et par là même une grande force. J'observe les très beaux paysages, et cela en est un, magnifiés par la littérature et par la poésie, lesquelles donnent ensuite à ces paysages un coloris nouveau. C'est le sol qui crée le poème et puis le poème donne au décor un visage nouveau. C'est donc une sorte d'interpénétration entre la force et la richesse de la nature, l'imagination et le rêve de l'homme.

Alors, les dangers sont là. On sait que l'assèchement de certains canaux s'aggrave. Une inondation peut être catastrophique. Il y a maintenant des chemins qui étaient des voies d'eau. Parce qu'il n'y a plus rien, parce que cela n'a pas été entretenu, les ponts s'écroulent.

Je me souviens d'avoir vu des vaches transportées dans des plates, d'ailleurs les vaches n'étaient pas surprises du tout de devenir des « vaches marines ». Elles étaient tout à fait habituées, peut-être un peu surprises le jour où on a cessé de les transporter. Elles ne vous l'ont pas dit. Vous avez quand même préservé vos arbres, toutes ces allées, ces peupliers, cette végétation qui, bien entendu, attire beaucoup d'animaux et d'oiseaux. Je pense que vous ne devez pas manquer de loutres par ici. (...)

Il y a certains des fonctionnaires, qui sont d'ailleurs d'excellent fonctionnaires mais qui adorent le béton ! Alors, il faut leur dire : modérez vos passions ! Et ne pas considérer a priori que le fin du fin, c'est d'aller tout droit, sans s'occuper de l'endroit par où l'on passe, ce qui est souvent la tentation. Puis c'est aussi la tentation des financiers parce que, quand on va tout droit, cela coûte moins cher ! Oui, nous sommes comptables de l'argent des contribuables. Nous sommes aussi comptables de la beauté de la France et du bien-être des habitants. Et tout cela, il faut le réunir. Et nous le savons bien. Je pense au TGV mais le même raisonnement vaut pour l'autoroute : chacun veut une gare, personne ne veut des rails. Ce n'est pas facile. En général, les rails passent là où il y a des gares. Mais voilà : réunir ces deux conditions est un problème français presque insoluble.

Pour les autoroutes, c'est pareil ! Est-ce qu'il en faut, est-ce qu'il n'en faut pas ? On pourrait s'en passer. Là, cela vient de Nantes et vous avez envie d'avoir une autoroute à Niort pour relier l'une à l'autre. Alors ? On ne peut pas me dire qu'il en faut une et qu'il faut qu'elle ne passe nulle part. Si vous résolvez ce problème, apportez-moi la solution ».

Au journal Le Courrier de l'Ouest, François Mitterrand confie le même jour :

« Le Marais Poitevin est l'un des plus beaux sites naturels de France. C'est pourquoi j'ai décidé d'inscrire son programme de préservation comme l'un de nos « grands travaux ». Par ailleurs, l'Etat est engagé aux côtés des signataires de la Charte inter-communale pour aider les agriculteurs et éleveurs maraîchins dans le cadre d'une opération groupée d'aménagement foncier. Je considère en effet que la sauvegarde du Marais Poitevin va de pair avec sa valorisation et son développement économique ».

1993 : Ségolène Royal est réélue députée des Deux-Sèvres. Seule une soixantaine de députés socialistes ont sauvé leur siège dans le cadre de cette défaite de la gauche aux élections législatives. (elle sera à nouveau réélue en 1997 avant de renoncer à son siège pour mettre ses actes en harmonie avec ses positions contre le cumul des mandats, compte tenu de son élection en 2004 puis de sa réélection en 2010 avec 61% des voix  à la tête de la Région Poitou-Charentes).

1996 : « Que ce frêne, arbre maraîchin, porte témoignage de notre souvenir mais qu'il soit aussi symbole d'avenir ». Au lendemain des obsèques de François Mitterrand, élus et habitants du Marais Poitevin se sont rassemblés avec Ségolène Royal dans le petit port d'Arçais, où ils avaient accueilli le Président de la République en février 1992, pour planter le « frêne de la mémoire » dans « ce pays de terre et d'eau » qu'il avait célébré et soutenu.

*   *   *

Ségolène Royal évoque ses années d'apprentissage aux côtés de François Mitterrand puis d'action avec son soutien dans plusieurs de ses ouvrages et notamment : « La Vérité d'une Femme » (Stock 1996), « Maintenant » (Hachette, 2007), « Ma plus belle histoire, c'est vous » (Grasset, 2007) et « Femme debout » (entretien avec Françoise Degois, Denoël, 2009).

 

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