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Désirs d'Avenir des Vals de Saintonge

Blog de soutien à Ségolène ROYAL, Présidente de la région Poitou-Charentes.

Ségolène Royal : Ce qu’il faut retenir de la belle victoire de mon amie Cristina Kirchner

Publié le 27 Octobre 2011 par Daniel GIAT in Ségolène ROYAL

Ségolène Royal : Ce qu’il faut retenir de la belle victoire de mon amie Cristina Kirchner

J’étais à Buenos Aires en octobre 2007, pour la première campagne de
la présidente argentine. Lors du long entretien que nous avions eu à
la Casa Rosada, elle m’avait exposé les axes de la politique qu’elle
s’apprêtait à conduire pour consolider et approfondir l’oeuvre dont
Nestor Kirchner, alors président sortant, avait été l’artisan résolu
et talentueux. Conviée à la soirée qui fêtait, quelques jours plus
tard, sa victoire, j’avais pris la mesure de l’espérance retrouvée par
un peuple qui touchait, cinq ans plus tôt, le fond du désespoir.

A l’heure où des remèdes qui aggravent ses maux ont mis la Grèce à
genoux et où l’Europe en vient bien tard à esquisser une
restructuration partielle de sa dette, il est intéressant de rappeler
comment l’Argentine, plongée dans un immense chaos il y a tout juste
dix ans, a choisi une tout autre voie pour redresser ses finances et
relancer son économie sans oublier la justice sociale.

Acte I : le néo-libéralisme, c’est la ruine

C’est la dictature militaire, au pouvoir à partir de 1976, qui a
amorcé une libéralisation et une financiarisation brutales de
l’économie argentine, comme le faisaient au Chili, depuis 1973,
Pinochet et ses « Chicago boys ».
Le rétablissement de la démocratie en 1983 n’a pas inversé cette
tendance. L’idéologie du « consensus de Washington », dont le
président Lula m’a souvent décrit les ravages, dictait alors sa loi à
toute l’Amérique latine : privatisations à tout va, délégitimation du
rôle de l’Etat, réduction drastique des budgets sociaux, destruction
des services publics, il n’y en avait que pour le marché, censé
répondre à tout, et pour l’enrichissement des plus riches, censé un
jour bénéficier à tous.
Toujours plus d’ajustements structurels préconisés par le FMI : le
résultat fut un désastre.

Dans les années 90, l’Argentine est exsangue, les plans du FMI
échouent les uns après les autres et, au bout de 4 ans de récession,
c’est la débâcle économique, financière et sociale.
L’obsession exclusive de la réduction du déficit budgétaire a
totalement asphyxié l’économie et alourdi la dette dans des
proportions telles que le pays est en cessation de paiement et doit
dévaluer en catastrophe.

Tout s’écroule à l’époque : plus de la moitié des Argentins plongent
dans la plus extrême pauvreté ; les classes moyennes subissent un
déclassement massif ; le chômage atteint 25 % ; partout les
entreprises font faillite ; on en revient au troc ; les super-marchés
sont pillés par des foules en colère ; de violentes manifestations
font près d’une quarantaine de morts.
En 2002, le PIB plonge de 10,9%.
Aux dirigeants politiques irresponsables et impuissants qui les ont
conduits à la ruine, les Argentins crient : « Qu’ils s’en aillent tous
! ». En quelques jours, le pays change cinq fois de Président !

Acte II : « De l’enfer au purgatoire » avec Nestor Kirchner

Nestor Kirchner, alors peu connu, est élu de justesse en 2003
Président de la République. Il promet d’arracher le pays « à l’enfer »
pour le mener « au purgatoire ». Il fera mieux, réglant la crise,
remettant l’Argentine sur de bons rails et lui redonnant l’espoir.

Sa politique prend l’exact contre-pied de celle qui a ravagé son pays.
Il réaffirme le rôle de la volonté en politique et de l’Etat dans l’économie.
Il lie solidement ensemble assainissement financier et développement
des protections sociales, reconstruction de l’offre industrielle et
soutien de la demande populaire.
Il négocie avec fermeté et ténacité une restructuration radicale de la
dette argentine, avec une décote de 75%, finalement acceptée en 2005
puis en 2010 pour près de 93 % de son montant total.

Les marchés l’ont saumâtre et, aujourd’hui encore, l’Argentine n’y a
toujours pas accès car il lui reste deux contentieux à régler : sa
dette auprès du Club de Paris (6,7 milliards de dollars hors intérêts)
et le désintéressement d’un petit reliquat de créanciers privés qui
ont refusé la restructuration (à commencer par le hedge fund américain
Elliott Associate, un fonds vautour qui a racheté à bas prix les
créances en circulation et dépense des millions de dollars pour que
ses avocats multiplient les procédures juridiques).
Mais la croissance revient (8% en moyenne) et l’Argentine se finance
grâce au boom de ses exportations agro-alimentaires qui remplissent
les caisses de l’Etat. Ses politiques de soutien de l’emploi et de la
consommation s’avèrent des dépenses productives et fiscalement
rentables.

En 2006, le pays s’offre le luxe de rembourser d’un coup sa dette
contractée auprès du FMI (9,5 milliards de dollars). Le gouvernement
argentin déclare qu’il n’est plus question que les responsables de la
catastrophe de 2001-2002 fourrent à nouveau leur nez dans la conduite
des affaires publiques.
Un exemple parmi d’autres : pour enrayer la paupérisation massive de
la population argentine et la croissance du nombre des sans-abris, le
gouvernement décide de proroger les hypothèques des résidences
principales des petits et moyens propriétaires étranglés par des
crédits immobiliers auxquels, tant que la crise dure, ils ne peuvent
plus faire face. Le FMI s’indigne, crie à la violation des contrats et
des sacro-saints principes du marché. Nestor Kirchner tient bon.

Même chose avec les dépenses publiques, conçues comme un outil de
sortie de crise et de relance de la croissance, à l’inverse des
préconisations du FMI.
Roberto Lavigna, ancien Ministre qui fut, aux côtés de Nestor
Kirchner, l’un des acteurs majeurs de la mise en oeuvre du « modèle
argentin », s’étonne aujourd’hui que l’Europe et le FMI enfoncent la
Grèce à coups de plans de rigueur dévastateurs et n’aient pas tiré les
leçons de ce qui a marché en Argentine : « sans consommation, dit-il,
une économie ne croît pas. Ces programmes d’ajustement sont totalement
inutiles : ils réduisent la demande alors qu’en récession, le problème
est justement que la demande est insuffisante. C’est une erreur
fondamentale qu’avait commise le FMI chez nous et qu’il continue de
commettre ». Remarque de bon sens.

Elu en 2003 avec seulement 22 % des voix, Nestor Kirchner quitte le
pouvoir en 2007 avec un taux de popularité supérieur à 70 % et la
reconnaissance du peuple argentin pour l’efficacité d’un dirigeant
politique qui a su prendre ses responsabilités pour sauver le pays.

Acte III : La détermination d’un Etat volontariste

Cristina Kirchner a combattu avec vigueur, dans les années 90, les
orientations libérales et les privatisations maffieuses du
gouvernement Menem.
Durant son premier mandat, elle a poursuivi avec poigne dans la voie
ouverte par Nestor Kirchner.

L’intervention de l’Etat a été maintenue sur les prix des transports,
de l’énergie et des produits alimentaires de première nécessité.
Cristina Kirchner est revenue sur la privatisation des retraites,
réalisée en 1994, et a étendu à 3 millions supplémentaires d’Argentins
le bénéfice des pensions nationalisées en 2008.
Elle a créé une Allocation universelle versée aux familles pauvres
sous condition de scolarisation des enfants. Cette cousine des «
bolsas familia » mises en place au Brésil par Lula a permis à des
millions de familles de sortir de l’indigence tout en investissant
dans l’éducation de base en milieu populaire.
Elle a approfondi le soutien de l’Etat à la réindustrialisation du
pays et n’a pas craint de braver le reproche de « protectionnisme » en
étendant la liste des secteurs où les importations doivent être
rigoureusement équilibrées par des exportations ou par des
investissements dans le pays.

En présentant, en février dernier, son Plan stratégique industriel
2020, Cristina Kirchner n’a pas mâché ses morts : « le libre-échange
n’existe nulle part » (sauf en Europe où la naïveté est de mise,
aurait-elle pu dire…). Il est justifié, estime-t-elle, que
l’Argentine protège son industrie et ses emplois. Objectif pour son
deuxième mandat : faire baisser les importations de 45 % et créer 1,5
million d’emplois. Après tout, rappelle-t-elle, les Etats-Unis
pratiquent depuis le New Deal des années 30 un efficace Buy American
Act (« acheter américain »). L’OMC et l’Union européenne tordent le
nez. Le Brésil – qui, lui aussi, se protège – fait la moue. Mais
Electrolux et nombre de constructeurs automobiles implantés ailleurs
s’établissent en Argentine car c’est la condition d’accès à ce marché
redevenu solvable.

Cristina Kirchner : un courage politique qui ne recule pas devant les bras de fer avec de puissants intérêts

Cristina Kirchner a une qualité éminente : le courage politique.
Certains lui reprochent d’aller durement au conflit mais les Argentins
ont trop cher payé l’impuissance de gouvernants qui ne gouvernaient
plus pour lui en tenir durablement rigueur.

C’est en tout cas la leçon que je tire de l’affrontement sévère qui
l’a opposée, en 2008, au puissant secteur agro-alimentaire, alors vent
debout contre son projet d’augmenter de 10% les taxes à l’exportation
du soja.
Le soja (hélas majoritairement transgénique) est la locomotive des
exportations argentines. Le pays en est le 3ème producteur mondial et
le 1er exportateur pour ce qui concerne les produits dérivés (huiles,
farines), au point qu’on parle de « sojafication » de l’économie
argentine, ce qui est oublier que l’Argentine est, entre autres
performances, le n°2 mondial du maïs et le n°5 pour le blé. La demande
chinoise tire la croissance et l’envol des cours des matières
premières fournit d’abondantes recettes fiscales qui permettent de
rembourser la dette, d’équilibrer les comptes publics et de financer
les programmes sociaux.
Mais les grands propriétaires, rejoints par de plus petits, se sont
dressés contre le projet d’alourdissement de la fiscalité des
exportations. Ils ont organisé la pénurie. Leurs camions ont bloqué
l’entrée des denrées alimentaires dans les villes, poussant les
classes moyennes exaspérées à manifester en tapant sur des casseroles.
Après avoir longtemps tenu tête aux rois de l’agro-business, Cristina
Kirchner a finalement jeté l’éponge devant les risques de paralysie du
pays. Elle n’a pas remporté cette épreuve de force mais montré qu’elle
avait du caractère et ne craignait pas d’affronter une impopularité
momentanée.

Elle a, en revanche, remporté ensuite un autre bras de fer : avec la
Banque centrale d’Argentine dont elle a limogé le patron car il
refusait d’appliquer un décret présidentiel lui enjoignant de mettre à
la disposition de l’exécutif 6,5 milliards de dollars, pris sur les
abondantes réserves de la Banque (45 milliards de dollars) pour
contribuer au paiement de la dette 2010. Le débat s’est focalisé sur
l’indépendance de la Banque centrale, garantie par la Constitution, et
s’est soldé par une victoire juridique et politique de la Présidente
qui a tenu bon sans se laisser impressionner par l’establishment
financier.

Parmi les projets de sa nouvelle mandature, un autre bras de fer se
profile : contre la poignée de monopoles qui contrôlent la quasi
totalité de la presse écrite et de l’audiovisuel, en vertu d’une loi
datant de la dictature.
J’avais été frappée, en 2007, par la tonalité agressivement
conservatrice des principaux medias argentins. Une nouvelle loi
favorisant le pluralisme serait, pour la démocratie argentine, une
bonne chose.

L’alliance des forces vives de la nation

En 2008, après « la crise du campo », on a dit Cristina Kirchner affaiblie.
En 2009, elle a perdu la majorité au Parlement.
La mort de Nestor Kirchner, en octobre 2010, a suscité une immense
émotion en Argentine. Cristina, veuve courage, en a bénéficié mais
elle a aussi administré la preuve qu’en dépit de son chagrin, elle
était une femme à poigne capable de tenir fermement les rênes de son
pays.

Son succès aux primaires d’août dernier (50,07 % des voix dès le
premier tour) puis à l’élection présidentielle, à l’occasion de
laquelle elle a également retrouvé sa majorité à la Chambre des
députés et au Sénat, montre la forte approbation de son action dans
les milieux populaires mais aussi les classes moyennes qui sont, en
Argentine, les plus développées de l’Amérique du sud.
Elle a su rallier l’intelligentsia initialement méfiante.
Les entrepreneurs lui savent gré de défendre ardemment les intérêts de
l’industrie argentine.
La jeunesse s’est beaucoup mobilisée dans cette campagne, notamment
avec le mouvement La Campora. Cristina Kirchner, en dépit des
résistance des notables plus âgés, a su imposer dans les élections
locales et législatives ainsi qu’aux postes-clefs des entreprises
publiques une nouvelle génération motivée.

Ombres et lumières du « kirchnérisme »

Bien sûr, il ne s’agit pas de faire de ce qu’on appelle désormais le «
kirchnérisme » un exemple dans tous les domaines.
La corruption et le clientélisme continuent de marquer les moeurs
politiques argentines (mais, en France, nos actuels dirigeants n’ont,
hélas, guère de leçons à donner sur ce plan…).
L’inflation, sous-évaluée par le gouvernement, ronge les gains de
pouvoir d’achat qu’apporte l’augmentation régulière des salaires et
des retraites, atténuant les effets d’une forte redistribution
sociale.
Le chômage, sous les mandats de Nestor et de Cristina Kirchner, a
fortement reculé (7 % selon les chiffres officiels) mais la pauvreté
règne encore dans les « villas miserias », les bidonvilles argentins,
même si les politiques sociales ont amélioré la vie des plus pauvres
et le travail informel, sans droits ni protection, reste très
développé.

Mais le pays peut être fier de ses résultats et le sentiment y est
très largement partagé que le gouvernement se soucie effectivement du
mieux-être du peuple argentin dans toutes ses composantes.
L’Argentine a peu souffert de la crise financière de 2008 mais une
récession mondiale serait, pour son économie, un risque majeur.
Paradis des OGM et d’une agriculture intensive insensible aux enjeux
environnementaux, l’Argentine a encore bien du chemin à faire pour
relever le défi écologique.
De même, si les mesures de protection des emplois industriels et de
l’équilibre de sa balance commerciale sont légitimes, elles ne
sauraient dispenser d’un effort de compétitivité garant d’une
prospérité durable si les fruits en sont équitablement partagés.
Enfin, le caractère très présidentialiste du régime argentin et la
tradition bonapartiste du péronisme, fût-il de gauche, font de la
démocratie argentine un système évidemment perfectible.
Le pluralisme syndical peine encore à être pleinement reconnu, comme
me l’avaient déjà expliqué en 2007 les dirigeants de la CTA, la
Centrale des Travailleurs argentins, que j’avais rencontrés et qui
s’efforcent de bâtir un syndicalisme indépendant, à côté de la
puissante et corporatiste CGT péroniste.

Je tiens cependant à souligner que, durant leurs deux mandats, Nestor
puis Cristina Kirchner ont su faire preuve d’audace démocratique. En
particulier en annulant la loi qui amnistiait les tortionnaires de la
dictature et en permettant l’ouverture de centaines de procès, y
compris contre les plus hauts dignitaires de la hiérarchie militaire.
Et en faisant de l’Argentine le premier pays d’Amérique latine à
légaliser le mariage homosexuel.

La preuve qu’une autre voie est possible : changer les règles du jeu

Mais leur apport majeur, d’une actualité brûlante à la lumière du sort
fait à la Grèce, reste d’avoir administré la preuve qu’une autre voie
est possible que le cercle vicieux de l’austérité et de la récession.
A condition que des dirigeants clairvoyants et énergiques décident de
s’affranchir des conformismes de la pensée économique dominante et
prennent les moyens de changer les règles du jeu.
A condition que l’Etat joue pleinement son rôle de stratège et de
pilote des politiques publiques.
A condition de ne pas opposer assainissement financier et
investissement social.
A condition de faire du renforcement des sécurités humaines l’un des
leviers de la sortie de crise.
A condition aussi de miser aussi, pour construire un nouvel avenir,
sur les enseignants et les chercheurs qui avaient, en Argentine, été
délaissés durant des décennies.

La restructuration de la dette argentine (un héritage de 132 milliards
de dollars de dette publique extérieure !), la plus importante de
l’histoire économique moderne, était un acte courageux, radical et
nécessaire.
Paul Krugman, Prix Nobel d’économie, recommandait cet été dans le New
York Times de s’en inspirer pour organiser un défaut maîtrisé en
Grèce.
Roberto Lavigna, ancien Ministre argentin de l’économie, n’a cessé
d’affirmer, fort de l’expérience de son pays, qu’il fallait
restructurer la dette grecque afin que le pays, tout en restant dans
la zone euro, dégage des ressources pour améliorer sa compétitivité et
pour arracher son peuple à la paupérisation programmée par les cures
d’austérité qui lui sont infligées. Que de temps perdu pour y venir
partiellement aujourd’hui, à reculons, à petits pas, toujours avec un
temps de retard !

Mais le succès financier, économique et social de la restructuration
de la dette argentine tient aux politiques publiques conduites par
Nestor et Cristina Kirchner qui en ont fait un outil de reconquête de
la souveraineté nationale, de relance de la croissance industrielle et
de la consommation populaire, d’amélioration des protections
collectives. A l’opposé du surcroît de privatisations, de rigueur et
de mise sous tutelle que l’Europe et le FMI imposent aujourd’hui aux
Grecs.

Bien sûr, la Grèce n’est pas l’Argentine qui a pu profiter de l’envol
des cours des matières premières pour doper sa croissance et remplir
les caisses de l’Etat. Mais cela n’en rend que plus nécessaire encore
le volontarisme politique et économique que l’Europe devrait épauler
au lieu d’exiger toujours plus de docilité à ses injonctions tirées
d’un modèle qui a partout fait faillite et dictées par un système
financier à l’arrogance sans limite.

Le « retour des caravelles »

L’Europe serait bien inspirée de regarder davantage ce qu’ont réussi
des pays comme l’Argentine et le Brésil dans une Amérique latine qui
s’enracine à gauche comme l’ont montré, ces dernières années,
l’écrasante majorité des élections présidentielles : non seulement les
argentines et les brésiliennes, mais également celles de l’Equateur,
du Salvador, du Pérou, de la Bolivie, de l’Uruguay et d’ailleurs.
Quelles que soient les spécificités des contextes nationaux ou les
histoires particulières des dirigeants et des dirigeantes élu(e)s,
c’est la réponse de gauche qui apparaît la plus juste, la plus
efficace et la plus crédible.

Le temps est venu du « retour des caravelles », comme disent nos amis
brésiliens.
Autrement dit : le temps est venu, pour notre chère et vieille Europe,
de cesser de recycler des recettes qui ne marchent pas et de puiser
une partie de son inspiration dans ce qui fait ses preuves de l’autre
côté de l’Océan.

La bonne nouvelle de l’élection de Cristina Kirchner, c’est que les
peuples ne s’y trompent pas et que, face à des dirigeants
politiquement déterminés, les petits télégraphistes des banquiers ne
font pas le poids.

Ségolène Royal

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