Par Lautréamont
Il ne faudrait pas oublier, en ces temps de batailles d’images spectaculaires- jeunes pop en bleu blanc rouge porte Versailles contre colliers à fleurs à Mayotte pour Hollande, il ne faudrait pas publier le bilan réel, à plat, du RPR puis de l’UMP dans ce pays . 17 ans qu’un président de droite est installé à l’Elysée. 17 ans que la droite préside aux destinées de ce pays, à ses décisions stratégiques, économiques, sociales, militaires, environnementales. 17 ans de Chirac et de Sarkozy.
Et on a beau retrouver un peu de tendresse pour le vieux lion gâteux qui dit sa préférence pour François Hollande, on aurait tort d’oublier qui a été Jacques Chirac, celui du bruit et des odeurs, des affaires de la mairie de Paris, de l’immobilisme écologique malgré ses grandes déclarations sur la maison qui brûle, l’homme du couvre-feu dans les banlieues.
Un pouvoir RPR remplacé par un pouvoir UMP, le cadet turbulent : Sarkozy , tout en moulinet, en agitation, en zig zag et en bling bling. Démantèlement du service public, réduction des effectifs policiers, communautarisme délirant, désindustrialisation massive, des promesses, des mots … Comme son aîné. 17 ans de droite à l’Elysée pour cette 5ème puissance mondiale qui ne croit plus à son avenir et aborde son premier tour de présidentielle dans la plus grande des porosités face à la médiocrité du débat qui nous est servi.
Et 10 ans de gouvernement. On pourra rendre à Jospin ce qui est à lui : les avancées sociales et sociétales : 35h, PACS, CMU. Un intermède de 5 ans de progrès dans ces 17 années ou le pays a stagné voire régressé.
Il ne faut pas dédouaner Nicolas Sarkozy de son bilan mais bien l’inscrire dans une histoire commune qui commence avec Jacques Chirac en 95. Premier septennat catastrophique, second septennat médiocre qui nourrit en son sein la furie Sarkozyste.
17 ans de droite, 10 ans de gouvernement et une furieuse, une irrépressible envie d’alternance. Elle aurait dû, elle aurait pu avoir lieu en 2007, si chacun avait eu la sagesse de soutenir Ségolène Royal et de faire corps, Bayrou compris, contre le sarkozysme. Nous avons perdu 5 ans.
Il ne faut plus perdre une seul mois, une seule année. Ne plus laisser Sarkozy effacer ce bilan, et le ramener à son ADN politique : fils de Pasqua et de Chirac dans ce qu’ils avaient de moins amènes.
Il est temps de changer, d’essayer un autre modèle. Porté par Hollande mais aussi par les différence de sensibilités dans son propre parti, qu’il s’agisse de Royal ou de Montebourg dont il devra tenir compte.
Comme il devra entendre et inclure la gauche radicale de Mélenchon.
Pour inventer enfin ce socialisme du 21ème siècle, fait de protection, de développement durable, d’humanisme et d’étatisme. Reléguant sur les bans de l’histoire le Sarkozysme qui n’est ni un accident, ni une parenthèse. Seulement l’héritier d’une droite et d’un mode de gouvernance désormais obsolète.
