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Epad: le népotisme «décomplexé» de Nicolas Sarkozy

Publié le 2 Août 2010 par DANIEL GIAT in Sarkozy

Epad: le népotisme «décomplexé» de Nicolas Sarkozy

Emmanuel Lévy - Marianne | Lundi 2 Août 2010 à 05:01 | Lu 8609 fois
Octobre 2009 marque la rupture définitive des Français avec leur Président. En décidant d'offrir sur un plateau d'argent la présidence de l'Epad à son fils Jean, Nicolas Sarkozy fait dans le népotisme le plus abscons.



Dessin: Louison
Dessin: Louison
Ce fut sans doute la vraie rupture du sarkozysme. Mais pas celle que le président avait vendue aux Français durant sa campagne  : la République irréprochable. Au contraire, en voulant propulser son fils Jean Sarkozy à la tête de l'Établissement public d'aménagement de La Défense (Epad), gestionnaire du quartier d’affaire, le chef de l’Etat, qui occupa lui aussi ce poste considéré comme stratégique dans son département des Hauts de Seine, a rompu avec son électorat, et les Français en général. Ils avaient déjà eu du mal à avaler les couleuvres du Fouquet’s et du bouclier fiscal, ce népotisme assumé, alors que le pays est en pleine crise, les révolte : l’effet sur l’opinion est désastreux. Quand en octobre, la presse dévoile la candidature de Jean Sarkozy, conseiller général du 92, la cote d’amour du Président est faible, en moyenne 40 % d’opinions positives. Un mois plus tard, elle chute de 10 points, pour se stabiliser depuis sous les 30 %...

Lundi 12 octobre, Laurent Fabius, invité à s’exprimer sur cette nomination au micro de France Inter, fait un plaidoyer très ironique. Pour diriger «le plus grand quartier d’affaire d’Europe», «on a besoin d’un très bon juriste. M. Sarkozy est en deuxième année de droit, c’est un élément fort.» L’ancien Premier ministre en fait des tonnes : en matière d’ « affaires», Jean Sarkozy «peut avoir quelques prédispositions.» Avant d’ajouter : «M.Hirsch a présenté un plan pour la promotion des jeunes. Je suis sûr que c’est dans ce cadre que sa nomination est faite...»

Pas vraiment connu pour son humour, l’ex Premier ministre rate son effet, certains de ses amis socialistes y verront même un acte de candidature à l’ouverture. Mais il résume bien le sentiment diffus dans la population : Jean Sarkozy ne doit ce poste qu’à son arbre généalogique. La majorité a beau clamer la légitimité du fils du Président, il n’échappe à personne que l’on nage en plein népotisme. L’argumentaire justifiant l’élection du Prince Jean tombe vite : sur les 17 membres que compte le conseil d’administration de l’Epad, huit sont des fonctionnaires aux ordres de l’exécutif… Pas une élection donc, mais bien une nomination. La polémique enfle, l’Elysée dépassé est sur le point de céder, tandis que le patron du Figaro tente un dernier soutien, avec un édito titré « Fin de la récré ».  Etienne Mougeote  balaie d’un revers de la manche les critiques : «  De la vidéo de Brice Hortefeux aux écrits passés de Frédéric Mitterrand, en passant par l'élection de Jean Sarkozy à la tête de l'Epad, c'est tout de même bien l'écume des jours qui nourrit ces polémiques publiques. »  Jamais, le Figaro n’était allé aussi loin, et au sein même de la rédaction du grand journal conservateur, des voix s’élèvent pour dénoncer la pravdatisation du quotidien.
 
Le 22 octobre le Prince Jean est contraint de jeter l’éponge. Il le fait lors d’une interview au JT de France2, durant laquelle il fait preuve d’une impressionnante assurance. Sûr de lui, de son fait, de ses appuis au sein du département le plus riche de France, avec pour parrains les Balkany, il sait son heure prochaine. Pourquoi pas à la présidence du Conseil Général, et pourquoi pas plus tard à l’Epad.
En attendant, c’est finalement Joëlle Ceccaldi-Raynaud, la député maire UMP de Puteaux qui emporte la présidence de l’Epad. Une autre «fille de», cette Joëlle. Elle n’est autre que la fille de Charles Ceccaldi-Raynaud, qui cumula comme elle, à l ‘époque, les trois fauteuils, maire, député et président de l’Epad....


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