par Dante
Comme un léger mieux. Est-ce le souffle des alizés de l’océan indien ? Ou le tempo qui s’accélère logiquement en cette fin de campagne de premier tour ? En tout cas, la campagne Hollande change de ton. Et devient plus mordante.
On l’a vu ce week-end à Mayotte et la Réunion pu le candidat du PS a rendu coup pour coup à son adversaire UMP, traité de grand prometteur et petit donneur. On
l’a vu dans l’équipe de campagne qui n’hésite plus à taper là où ça fait mal. Delphine Batho, la porte-parole, qui charge désormais sur la psychologie sarkozyste : son
infantilisme, son immaturité, des propos que le chef de l’Etat ne supporte pas. Une charge appuyée ce matin par Arnaud Montebourg qui a décrit ainsi la présidence Sarkozy sur France
Inter :
“A la
tête de l’Etat, nous avons une sorte de gamin mal élevé qui use et abuse de la France comme d’un jouet qui ne lui appartient pas“. Michel Sapin qui commence à relayer mezzo vocce des
propos de plus en plus précis sur les affaires et la peur pour Sarkozy de perdre son immunité présidentielle.
On le sent dans les off du candidat PS accordés aux journalistes: un peu plus nombreux, moins cadrés moins contraints par une communication cadenassée. ” Maintenant on va le taper ” à confie Hollande aux journalistes à la Réunion. Cela n’est peut être pas très élégant mais ce sera certainement très efficace dans la guerre psychologique que vont se mener les deux hommes dans les 35 jours qui les séparent du 6 mai. Car chaque jour qui passe les rapproche de la confrontation essentielle, vitale, qui balaiera en partie ou accentuera les effets du premier tour : le débat de l’entre-deux tour. Épreuve de vérité qui à elle seule peut faire gagner ou perdre une présidentielle si elle se joue au cordeau.
Dans cette parte invisible de l’iceberg, c’est à dire la préparation au combat, au mano à mano, François Hollande semble avoir décidé de montrer enfin l’un des aspects de sa personnalité : son goût de la bataille et du duel.
La nouvelle tonalité de cette campagne, amorcée dans l’océan Indien est donc une très bonne nouvelle.
Demain à Rennes, il devrait allonger le pas, dans ce meeting très attendu avec une autre guerrière, Ségolène Royal. Avant le grand rassemblement de Vincennes, le 15 avril, à mi-chemin entre le Charlety de Royal et la Bastille de Mélenchon… Ça sent le printemps.
