par Dante
Il y a comme une malédiction dans ce pays. Aucune campagne présidentielle récente n’a pu se soustraire ou échapper à la question sécuritaire. On se souvient de 2002, précédée par les accusations, le 14 juillet 2002, de Jacques Chirac contre le laxisme de son premier ministre de l’époque, Lionel Jospin. Jospin chuta entres autres sur papy Voise, le vieillard au visage tuméfié à 3 jours du premier tour.
En 2006, Ségolène Royal s’imposa sur la question de la sécurité dans la primaire socialiste, avec un discours ferme et juste ( encadrement militaire notamment ) qui tranchait avec la tiédeur des décennies précédentes. Elle imposa ce changement de culture au sein de son parti, mais, paradoxalement, ne parvint pas à en tirer benefice dans la présidentielle. Les incidents de la gare du Nord lui coûtèrent beaucoup tant son équipe, tétanisée par cet événement de campagne, mis du temps à réagir et à enchaîner les ordres et les contrordres.
Et voilà qu’en 2012, un événement sans commune mesure, une barbarie inconnue jusqu’à ce jour en France impose à nouveau la sécurité au cœur du débat présidentiel.
On l’a vu lors des deux meetings de reprise. Sarkozy à Strasbourg, Hollande à Aurillac.
Le président est redescendu de l’olympe pour redevenir candidat. Candidat à quoi ? Au brassage de vent car derrière une discours bien ficelé et une mise en scène impressionnante, Sarkozy a repris ses antiennes, sous le regard admiratif de Claude Allègre, qui porte moins beau qu’Eric Besson, il faut bien le dire. Les temps sont durs. On a les trahisons qu’on peut.
Annonçant des peines de prison ferme pour ceux qui se livreraient à l’apologie du terrorisme ou de la haine raciale, ainsi que la surveillance des sites internet ou de ceux qui voyagent à l’étranger pour endoctrinement.
Certes. De belles phrases et quelques charges violentes contre François Hollande, accusé de déshonorer la France s’il se retire d’Afghanistan, comme il l’a promis, fin 2012. Une République ferme et autoritaire, voilà ce qu’à promis Nicolas Sarkozy. À croire qu’il ignore tout de son jumeau, Sarkozy Nicolas, charge de la sécurité depuis 10 ans. 5 ans à Beauvau, 5 ans à l’Elysée. Des moulinets sur le karcher, beaucoup de mots mais des résultats très médiocres : baisse des effectifs, discorde entre les services, augmentation de la violence aux personnes. Peu de résultats, beaucoup de paroles et un échec majeur qu’il va tenter de faire oublier : la liberté de Mohammed Merah, l’assassin de Montauban et Toulouse, repéré mais pas surveillé. Cette faille là, Sarkozy s’est bien gardé d en parler. Pas François Hollande, tout en retenue devant 3000 personnes à Aurillac et qui s’est lancé dans la polémique de façon un peu tiède mais pouvait il en être autrement ?
Posant les bonnes questions sur cette faille, sur la réduction des personnels, sur le manque de moyen du renseignement français.
Une façon de renvoyer la balle à Sarkozy sans être accusé d’abîmer le débat public qui n’a vraiment pas besoin de ça. Car si aux étages supérieurs, on se tient, aux étages inférieurs, on se lâche de façon inacceptable. L’UMP chasse, traite l’opposition de petite frappe ( NKM ) accuse le PS de laxisme et de récupération ( Copé ). Un déferlement d’accusations aussi farfelues que virulentes, destinées à créer un climat, ou plutôt maintenir le micro-climat sur la tête du chef, encore porté pour quelques jours par la posture régalienne de la gestion de la sauvagerie Merah.
Une reprise de campagne à petite foulée, chacun observant l’autre car aucun ne sait vraiment de quel côté va tomber l’opinion.
Sarkozy fait le pari qu’elle a soif de force, et du tout sécuritaire.
Hollande lui, parie qu’elle a soif de rassemblement, de quiétude et de vivre ensemble. Deux logiques qui vont s’affronter pendant 1 mois.
Occultant malheureusement les autres sujets. Maudit karma sécuritaire.
Source : http://zeredac.com/2012/03/22/hollande-et-sarkozy-repartent-en-campagne-la-securite-en-bandouliere/
