Par Lautréamont
Tout était calculé pile poil. On allait voir ce qu’on allait voir.
Une ligne ultra droitière, pour siphonner le Front National. Puis un redressement sur la droite républicaine et sociale pour draguer les nonistes de droite et les gaullistes effrayés par les discours et l’idéologie de Patrick buisson. Enfin un rétablissement subtil au centre, via Jean-Louis Borloo pour draguer le Modem.
L’objectif étant de performer au premier tour, aux environs de 30% et de commencer une autre campagne au soir du 22 avril en claironnant ” voici Sarkozy, demi dieux revenu des enfers d’Hadès. L’homme fort, protecteur, que vous n’aimez peut être pas mais qui en a… Du courage, de la maîtrise,de la compétence etc…”
Seulement voilà, tout a quasiment raté…
Si les premières semaines de campagne ont pu donner le sentiment que Marine Le Pen était en recul, validant la stratégie Buisson, tout s’effondre aujourd’hui dans la dernière ligne droite. Car Le Pen, après avoir connu un coup de mou et une humiliation violente dans son non-duel avec Mélenchon, à repris du poil de la bête, vomit à nouveau ses diatribes anti-étrangers, anti-euro, anti-Europe, anti-tout… Redevenu plus audible, elle re-marque quelques points qui vont manquer à Sarkozy dimanche soir.
Raté aussi avec cet électorat gaulliste, écœuré par les dérives extrémistes du discours Sarkozyste. Dans cette dernière ligne droite, les chiraquiens se lâchent et ouvrent les vannes. Chirac, ou plutôt son entourage, fait savoir qu’il votera Hollande, et Villepin délégue Azouz Begag et Brigitte Girardin pour poignarder ” Néron” Sarkozy dans cette dernière ligne droite.
Reste l’offensive au centre. Oui mais quel centre ? Celui de Borloo ne suffit pas et celui de Bayrou résiste, l’entêté Béarnais connaît un regain de vigueur dans ces derniers jours. Toujours aussi sentencieux, mais toujours aussi audible par une tranche de l’électorat qui ne veut pas entendre parler d’un nouveau mandat de Sarkozy à l’Elysée et que ne rassure en rien les accents Sarkozyste de la Concorde, lorsqu’il veut à la fois draguer les nonistes en tapant sur la BCE et garder le centre europhile en évoquent l’Europe de demain.
Sarkozy est donc en train de perdre son pari, si l’on en croit les sondages. Il peut peut être s’effondrer. Nul ne le sait tant les mouvements sont fluctuants. Mais il est certain qu’à 4 jours du premier tour, il n’a jamais été en si mauvaise posture…
Source : http://zeredac.com/2012/04/18/le-pari-perdu-de-nicolas-sarkozy/
