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Désirs d'Avenir des Vals de Saintonge

Blog de soutien à Ségolène ROYAL, Présidente de la région Poitou-Charentes.

Les pleurnichards

Publié le 11 Novembre 2012 par Daniel GIAT in Marianne

Laurent NeumannLes pleurnichards

Par Laurent Neumann, Directeur de Marianne.

A lire chaque jour le Figaro, à entendre Jean-François Copé en boucle sur toutes les antennes, on croirait que la France est le théâtre d’une immense jacquerie antigouvernementale.

Un jour, des milliers de « pauvres riches » menacent de partir en Suisse ou en Belgique pour échapper à l’impôt et aux droits de succession.

Le lendemain des « pigeons »-dont certains sont déjà exilés sous d’autres latitudes fiscales-volent dans les plumes de Bercy.

Le lendemain, les patrons du CAC40-ceux que « le Point » du 25 octobre 2012 a étrangement oublié de mentionner dans sa liste des « enfants gâtés »-réclament à Hollande « le choc de compétitivité » que Sarkozy voulait infliger aux Français : Moins de « charges » pour les entreprises, plus de TVA et de CSG pour tout le monde.

Même Copé appelle à des manifestations dans tout le pays…La contre-révolution en marche ? Foutaises.

Ce qui frappe, dans ce mouvement-très-organisé, c’est d’abord l’arrogance d’une droite frappée d’amnésie.

Comme si, après dix ans de pouvoir, elle n’avait pas laissé les comptes publics dans un état calamiteux.

Comme si elle avait oublié qu’en 2002 la France dégagée des excédents commerciaux alors qu’en 2012 sa balance commerciale accuse 70 milliards d’euros de déficit !

Comme si la France n’avait pas perdu 20% de ses emplois manufacturiers et 15% de ses entreprises exportatrices !

Si les socialistes sont des amateurs, leurs prédécesseurs étaient des professionnels en peau de lapin !

Mais ce qui surprend surtout, c’est l’inconséquence de ces « pigeons », grands patrons et dirigeants de fonds spéculatifs qui, pendant toutes ces années sont restés cois.

Pas une pétition quand N. Sarkozy creusait la dette publique de 600 milliards d’euros en cinq ans.

Pas une critique quand il augmentait les prélèvements. Pourquoi ?

Parce que, en même temps, il les couvrait de cadeaux fiscaux. Il était leur Père Noël : François Hollande-qui n’a pourtant rien d’un Che Guevara de l’impôt !- est leur père fouettard.

Plus de bouclier fiscal, un barème de l’ISF rétabli, une nouvelle tranche d’impôt pour les hauts revenus, la perspective d’une fiscalité identique pour les revenus du capital et du travail. Bientôt une surtaxation des profits des multinationales…Hier Noël, aujourd’hui Halloween.

Du coup, ces « enfants gâtés » pleurnichent en public. Alors que, malgré la crise, ils ont continué à verser des dividendes himalayens à leurs actionnaires, c’est à l’État que ces grands patrons préconisent de baisser ses dépenses. Alors que l’an dernier, ils ont augmenté leurs propres rémunérations de 34%, c’est à l’Etat qu’ils demandent de se serrer la ceinture.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais…

En réalité derrière les procès en « incompétence » et en « amateurisme », instruits par une droite revancharde, des privilégiés pleurnichards et des médias moutonniers, se profile l’aveu, si peu civique, qu’il est insupportable que ce pouvoir-là veuille empêcher ces « enfants gâtés » de s’enrichir en toute impudence.

Certes, le gouvernement agit de façon bien peu pédagogique, brouillonne, désordonné.

Certes on à peine à voir le grand dessein.

Certes les divergences de fond au sein de la majorité-le sentiment d’improvisation qu’elles créent, les reculades qu’elles génèrent-favorisent les rebuffades de ces privilégiés qui tentent de passer pour des victimes. Il n’empêche : c’est bien le mûr de l’argent qui se dresse aujourd’hui devant le pouvoir.

François Hollande et Jean-Marc Ayrault sont aujourd’hui au pied de ce mûr…Qu’ils persistent à vouloir l’ébranler, et l’opinion, finalement, leur en saura gré. Qu’ils renoncent ou donnent simplement le sentiment de flancher devant l’obstacle, et ils prendront ce mûr de plein fouet.

Source : article paru dans le journal Marianne n°811 du 3 au 9 novembre 2012

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