19/11/2010 à 21h26 - mis à jour le 20/11/2010 à 10h19
Les primaires du PS sont prévues à l'automne 2011, ce qui ne les empêche pas de faire l'actualité tous les jours. Il y a ceux qui veulent les avancer, ceux qui ne veulent pas, il y la multiplicité des candidatures et maintenant, il y a Jean-Luc Mélenchon qui s'invite dans les cuisines socialistes et assaisonne à tout va.
Sur I-Télé, vendredi 19 novembre, le président du Parti de gauche a déclaré que le choix de Dominique Strauss-Kahn par les socialistes pour la présidentielle de 2012 empêcherait tout rassemblement de la gauche au second tour, les formations à la gauche du PS ne pouvant se ranger derrière la bannière du directeur général du FMI.
Verbatim : "Si les socialistes ont la bêtise de désigner Dominique Strauss-Kahn comme candidat et que je ne puisse pas passer devant lui, nous aurons le plus grand mal à rassembler la gauche autour du programme du directeur du FMI."
Pour Jean-Luc Mélenchon, Dominique Strauss-Kahn est l'homme qui "pratique dans tous les pays du monde la même politique de contraction de la dépense publique, de réduction des dépenses sociales et qui en est content."
C'est une façon de dire que DSK est de droite et une mauvaise nouvelle pour le Parti socialiste. Les sondages désignent en effet depuis près d'un an Dominique Strauss-Kahn comme le "présidentiable" préféré des Français.
Ce n'est pas non plus une surprise, Jean-Luc Mélenchon dans une interview du 10 novembre au Télégramme, à l'occasion de la sortie de son livre, déclarait sur DSK, "Je pense que la candidature de Dominique Strauss-Kahn ne serait pas du tout une bonne chose pour la gauche. ( ...) Pour moi, le temps des demi-mesures socialistes est passé."
Ambiance.
Martine Aubry est à nouveau devant un problème, elle a donné à plusieurs reprises, si ce n'est des gages, au
moins
des témoignages de sympathie à l'endroit de Mélenchon. Le différend entre le président du Parti de gauche et le directeur du FMI, chouchou des sondages, pourrait faire pas mal de
remous avec conséquences électorales à la clef. Et puis, quelle candidature crédible resterait-il à un PS privé de DSK pour 2012, quand
plusieurs voix s'élèvent pour dire que Martine
Aubry n'a pas la carrure pour être présidente de la république ?
Une seule.
Ségolène Royal et personne d'autre. Pas certain que l'ensemble des socialistes se satisfasse d'une candidate toujours démarquée, qui n'avait pas ménagé le conseil national du PS suite au congrès de Reims et qui se révèlera sûrement intraitable pour ne pas dire rancunière en cas de victoire, mais peu importe, elle, au moins, elle a vraiment envie de gagner. Et elle, accessoirement, elle ne se laissera pas longtemps emmerder ennuyer par Mélenchon.
Sources : Libération, I-Télé, Le Point, Le Télégramme
Source: www.lepost.fr/