Par Lautréamont
Vieille devise Mitterrandienne : on tombe toujours du côté où l’on penche. Et depuis toujours François Bayrou penche à droite. 2007 n’aura été pour lui qu’un accident de l’histoire, où il a réussi à agréger au centre, des électeurs de droite effrayés, à juste tire par Nicolas Sarkozy et des électeurs de gauche qui ne voulaient pas de Ségolène Royal. Une conjonction électorale qui ne se reproduira plus et qu’il n’a pas su faire fructifier. En choisissant de ne pas choisir, en pensant à son propre avenir, et en ne barrant pas fermement la route à Sarkozy dont il n’avait cesser de dénoncer les agissements.
L’histoire ne repasse malheureusement pas les plats. Mieux, elle les ressert mais froid, avec salade fanée. Et il est fané, Bayrou. Totalement dépassé dans le débat, glissant sur un tobogan, pour revenir à son étiage habituel de 9 à 10 %. Fini de lanterner. Il s’est lui même piègé en indiquant que cette fois il choisirait. Mais quel choix a-t-il ? Inimaginable pour lui et pour le PS d’être appelé à Matignon. L’aile radicale de Mélenchon ne le supportera pas. D’ailleurs, le Front de Gauche a déjà annoncé la couleur : pas de négociations avec le centre entre les deux tours.
Devenir ministre, peut être mais avec quel premier ministre ? Niet pour Martine Aubry qu’il ne supporte pas. Pourquoi pas avec un profil à la Jean-Marc ayrault, disent ses amis … Mais là encore, quel ministère enlevé à des socialistes. On imagine mal Bayrou se contenter d’un portefeuille de second plan. Encore moins de l’Assemblée Nationale, promise à Ségolène Royal et qui sera incompatible avec le leader centriste de part son positionnement. Ni à droite, ni à gauche, comment tient-on des députés ?
Reste la seule issue, quoiqu’il en dise : la droite et Nicolas Sarkozy . La question est de savoir si son électorat suivra. Mais cet électorat sera probablement sensible aux sirènes que commence à lui faire entendre le camp UMP ! Sarkozy trimballe borloo partout et reprend même ses idées sur l’école. De quoi raassurer les centristes humanistes, chatouilleux sur le Front National et les thèses de Patrick Buisson .
Tout est déjà écrit. Reste à connaître son niveau le soir du 22 avril. Au dessus de 10 ou en dessous. En tout cas, il est sur un toboggan, devenu inaudible dans ce choc frontal gauche/droite. Et pourrait très bien nous épargner ce vrai faux suspens de l’entre deux tours.
Le parti socialiste devra se passer de lui… Mais pas d’une partie de son électorat.
Source : http://zeredac.com/2012/03/29/pourquoi-francois-bayrou-votera-sarkozy/
