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Désirs d'Avenir des Vals de Saintonge

Blog de soutien à Ségolène ROYAL, Présidente de la région Poitou-Charentes.

UPP Liberté de la presse - discours d'ouverture de Ségolène Royal (texte intégral, vidéo & photos)

Publié le 25 Novembre 2010 par DANIEL GIAT in Ségolène ROYAL

UPP Liberté de la presse - discours d'ouverture de Ségolène Royal (texte intégral, vidéo & photos)

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Photo : MEAGSR/F.M.

Mardi 23 novembre 2010, Ségolène Royal a ouvert l’Université Populaire Participative « Liberté et responsabilité de la presse et des médias : une utopie réalisable » à la Mairie du IVème arrondissement, à Paris. Devant un public nombreux et attentif, longuement applaudie à plusieurs reprises, elle a brossé les grands traits de la situation de la presse en France, en rappelant les enjeux, notamment trois combats à mener, contre l’arbitraire du pouvoir, contre le pouvoir de l’argent, et pour maîtriser la révolution technologique.

F.M.

 

 

Retranscription par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M.

Merci Dominique de nous accueillir une nouvelle fois dans ta belle mairie du IVème arrondissement, merci d’être là si nombreux. Désolé pour ceux qui sont debout, j’espère qu’au moins ils auront le son, et même dans le couloir, que nous avons sonorisé parce que la dernière fois tous ceux qui étaient loin n’avaient pas pu entendre.

Nous sommes rassemblés si nombreux, je crois d’abord parce que le sujet fait débat actuellement dans la société française, et que nous sommes là pour essayer de voir ensemble comment réaliser, si nous en prenions les moyens, comment réaliser cette utopie : une presse et des médias libres et responsables, aux droits solidement protégés et aux devoirs assumés.

Alors je remercie très, très chaleureusement tous les intervenants qui vont nous apporter l’éclairage de leur expérience et de leur réflexion, et tout particulièrement de Jean-Pierre Mignard qui va animer ce débat, et à qui je vais laisser le soin (Applaudissements)et à qui je vais laisser le soin tout à l’heure de présenter chacun de ceux qui sont venus ici. Nous les en remercions vraiment très chaleureusement, parce que c’est vrai que dans cette articulation entre ce que nous voulons faire ici, dans les Universités Populaires, c’est-à-dire apporter l’excellence de la connaissance et de la réflexion, et inviter toutes celles et tous ceux qui veulent à la fois apprendre et réfléchir sur ce sujet-là, je crois que nous avons réuni ce soir vraiment l’excellence de la réflexion et de l’action dans le domaine des médias.

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Photo : MEAGSR/F.M.

Je voudrais vous dire en quelques mots, pour leur laisser très rapidement la parole, dans quel esprit j’ai voulu que nous puissions réfléchir ensemble, débattre avec vous, et je l’espère faire émerger ce soir des propositions et des pistes d’action. Car la liberté d’informer est une chose trop grave, et en ce moment trop malmenée, pour que nous nous satisfaisions d’incantations consensuelles. Et si demain les Français accordent leur confiance à la gauche, il nous faudra agir, car le véritable enjeu de l’information, c’est tout simplement la démocratie. Joseph Pulitzer, cette grande figure américaine, un journaliste d’exigence, nous disait en son temps : « Notre république et sa presse graviront ensemble les sommets ou bien elles iront ensemble à leur perte. ». Alors je le dis en pesant mes mots, il y a urgence dans notre pays, et ce ne sont pas les récentes insultes du jour du président de la République à l’égard d’un journaliste, infâmes injures, qui me font aujourd’hui penser le contraire.

Jamais en effet les forces brutales d’un marché obsédé de rentabilité à court terme n’ont à ce point pesé sur les conditions de production de l’information. Jamais depuis bien longtemps l’interventionnisme intempestif et arbitraire d’un pouvoir foulant aux pieds ses propres lois n’a à ce point menacé le libre exercice du métier de journaliste. Jamais non plus, enfin, une révolution technologique n’a bouleversé à ce point les modèles économiques, la hiérarchie des supports, les pratiques journalistiques, les attentes, les comportements citoyens, qui ne sont pas, loin de là, les citoyens, des récepteurs passifs – la preuve – mais les citoyens sont des acteurs doués d’une capacité d’expertise et de critique.

Premier combat : la lutte contre l’arbitraire du pouvoir

Alors le premier combat – il y en a trois – le premier combat, c’est la lutte contre l’arbitraire du pouvoir. Alors juste un mot, c’était un journaliste, Philip Turle, éditorialiste anglais, que j’ai entendu sur France Info après la dernière interview élyséenne du président de la République, je vous la cite, car il est toujours instructif de se voir dans le regard des autres – d’ailleurs notre ami d’Italie, nous donnera aussi le regard des autres – alors il disait ceci le lendemain de l’intervention du président de la République : « C’est du jamais vu en Angleterre. Une heure et demie avec trois chaînes mobilisées, c’est comme du temps de l’ORTF avant 1975, c’est comme si on allait voir Louis XIV qui nous reçoit, nous les journalistes, les représentants du peuple, dans son palais, et on le titille avec des questions programmées à l’avance. La seule fois, en Angleterre, où l’on mobilise deux chaînes », rappelle-t-il, « c’est pour le Discours de la Reine annuel, et il dure 10 minutes maximum. ». (Rires et applaudissements)

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Photo : MEAGSR/F.M.

Bon, encore que cela, ce n’est qu’un des aspects de cette mise sous tutelle, puisqu’en plus il s’est arrogé le pouvoir exorbitant de nommer les patrons de l’audiovisuel public, s’autorise les irruptions dans la programmation, s’est efforcé de réserver aux chaînes privées le monopole des recettes publicitaires, bref, au point que des journalistes mesurés comme Alain et Patrice Duhamel en font dans leur livre récemment paru une description glaçante. La France vient de dégringoler à la 44ème place dans le dernier bilan annuel de Reporters Sans Frontières sur la liberté de la presse, juste devant l’Italie berlusconienne et loin, très loin, de tous les autres pays européens. Or la liberté de la presse est un droit qui appartient à tous les citoyens, c’est notre bien commun. C’est pourquoi nous attendons du débat de ce soir des propositions sur les bonnes barrières à ériger contre les risques des pressions des pouvoirs quels qu’ils soient.

Deuxième combat : le combat contre le pouvoir de l’argent

Le deuxième combat, c’est le combat contre le pouvoir de l’argent. L’autre pouvoir menaçant pour les libertés journalistiques et civiques est celui de l’argent. Il y a d’abord des années de concentration. C’est un sujet dont Nicolas Sarkozy a dit, lors des états généraux de la presse, qu’il n’en était pas un, car le seul problème à ses yeux est que les journaux ne sont pas assez rentables, a-t-il dit, pour attirer davantage d’investisseurs. Il en a d’ailleurs profité pour préconiser la suppression du seuil maximum de 20% fixé aux prises de participation non communautaires dans une entreprise de presse française. Quant aux journalistes, le président de la République leur signifia clairement son opposition à la reconnaissance juridique des sociétés de rédacteur. Le temps n’est plus comme dans les années 60 où un Lazareff pouvait affirmer : « France Soir, c’est moi. ».

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Photo : MEAGSR/F.M.

Jacques Rigaud, l’ancien président de RTL, date la grande transformation du milieu des années 90, et de l’arrivée de ceux qu’il appelle « les visages pâles ». Leur ligne d’horizon, dit-il, c’était le cours de la bourse, la rentabilité à outrance, la prééminence des stratégies financières [article "syndrome du casino" ici]. Tout cela s’est enchaîné très vite, avec l’arrivée des fonds d’investissement, seulement intéressés par le court terme [article accélération du temps ici]. On a vu aussi cette exception française, pas franchement culturelle, de grands groupes venus du BTP et des marchés de l’armement, vivant de la commande publique, s’emparer des quotidiens, des magazines et des chaînes. Et ce qui devait arriver arriva : ici un article retiré ou affadi car susceptible de nuire au business d’origine, là une information trappée car susceptible de déplaire au pouvoir dispensateur de contrats et de faveurs, des conflits d’intérêts arbitrés au détriment du devoir d’informer.

Alors que faire ? C’est l’objet du débat de ce soir. Retourner au modèle économique d’antan n’est plus possible. Le monde d’hier n’est plus, il faut s’inscrire dans celui d’aujourd’hui, mais trouver les bonnes régulations et les bons contrepoids, car si l’on pense que l’information n’est pas une marchandise comme les autres, comment garantir efficacement l’indépendance et la pluralité de la presse ? Faut-il, comme je le crois, plafonner la part des groupes dépendant de la commande publique, qui ne devraient pas être actionnaires de référence ? Quels pourraient être, dans le contexte qui est le nôtre, les contours d’un modèle mixte économiquement viable dont le capital privé ne serait pas banni, mais où son pouvoir serait encadré et équilibré ? Le projet de loi défendu par Patrick Bloche – je le remercie de sa présence – inscrit l’indépendance des rédactions dans le droit, et le renforcement de leur pouvoir  face aux dirigeants et aux actionnaires, mais comment garantir cette information ?

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Photo : MEAGSR/F.M.

Comment épauler aussi ceux qui dans la presse internautique ont fait le choix d’un autre modèle, où la garantie de l’indépendance rédactionnelle résulte de la propriété du capital par les journalistes et les lecteurs ? Voilà les questions qui seront débattues, je l’espère, ce soir.

Troisième combat : maîtriser la révolution technologique

Le troisième combat, et j’irai vite, c’est maîtriser la révolution technologique. Nous avons en effet à faire cette réflexion en tenant compte de la prodigieuse révolution technologique. Internet bien sûr, et ses applications démultipliées, amis aussi les téléphones portables et tous ces objets nomades qui font de plus en plus partie de notre quotidien. Comment refonder sur des bases solides les droits et les devoirs des journalistes au service du droit fondamental des citoyens à l’information dans ce contexte ?

Nous avons aussi l’irruption des journaux gratuits, l’information en continu, l’invention de journaux internautiques, la croissance exponentielle des blogs, l’accumulation des sondages, dont parfois les réponses sont dans les questions de ceux qui les financent, et qui sont relayés comme des informations scientifiques. Nous avons la contamination de la peoplisation et de la vulgarité de certaines émissions pseudo-comiques qui dégradent en même temps la parole journalistique sérieuse et la responsabilité politique sérieuse. (Applaudissements)

Bref, les mutations récentes ont transformé les manières de dire, bousculé les critères de légitimité, déstabilisé tous les métiers de presse, renforcé à bien des égards cette dictature du temps court qui empêche de vérifier et de mettre en perspective [article accélération du temps ici]. Quels sont, donc, dans ce vaste champ de mutations, les chances nouvelles, mais aussi les dangers inédits, auxquels l’action publique doit répondre ? Nous plaiderons donc pour une nouvelle donne concernant la presse et les médias.

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Photo : MEAGSR/F.M.

Certaines dérives, les journalistes le savent bien, ont nourri la suspicion. Les Français expriment à la fois une soif, un intérêt souvent passionné – notamment les Français politisés dévorent l’information – mais aussi, et cela se reflète souvent, une défiance, un scepticisme, dont les journalistes sont les premiers conscients.

Les politiques d’ailleurs ne sont pas mieux traités, et il est intéressant de constater que le discrédit des uns retentit sur le discrédit des autres. Et tout ce que l’on peut reprocher parfois à la presse, on peut aussi se le reprocher souvent, aux responsables politiques, par rapport aussi à leur manque d’éthique, et à la façon dont ils laissent ou pas correctement traiter l’information.

Et c’est d’autant plus vrai, que se pose cette question de la responsabilité médiatique, que les citoyens ont appris à décrypter les récits et les images, les stratégies publicitaires, les roueries du marketing politique, et comme le dit Denis Muzet ici présent, dans cette jolie formule : « Les émetteurs de stratégie encodent, mais les récepteurs décodent. Ces lecteurs, auditeurs, téléspectateurs plus avertis, avides de participation », et ici on en sait quelque chose, à Désirs d’avenir, « sont une raison de plus de redéfinir les responsabilités individuelles et collectives de ceux qui font la presse, tous supports confondus, et qui ont en partage le devoir d’informer. ».

Malaise des journalistes et dégradation de l’exercice de leur métier

Pour terminer, je voudrais quand même évoquer le malaise des journalistes, qui n’est pas moins vif, devant ce que beaucoup ressentent comme une dégradation de l’exercice de leur métier. Je suis, par exemple, particulièrement choquée de la façon dont Audrey Pulvar a été débarquée. (Applaudissements) Elle m’a expliqué au téléphone, j’espère que je ne vais pas lui nuire, qu’elle avait pourtant informé la direction de sa chaîne trois semaines auparavant la déclaration de candidature de qui l’on sait. Elle a appris son débarquement 10 minutes après la fin du 20 heures de TF1.

Bref, c’est dire aussi, par rapport à cette question de la dégradation des conditions d’exercice de leur métier, rappeler une enquête pour les assises du journalisme en 2007, je n’en ai pas trouvé de plus récente, mais je crois que celle-ci est toujours vraie : 47% des journalistes interrogés disaient ne pas avoir les moyens d’effectuer un travail qui serait à leurs yeux de qualité, 40% disaient ne jamais disposer du temps nécessaire, 38% confiaient qu’ils souffrent davantage de la pression économique et financière que des contraintes inhérentes au traitement de l’actualité.

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C’est dire la réalité d’une forme de souffrance professionnelle qui n’a pas dû s’atténuer depuis trois ans. La course permanente à l’audience, la précarisation de la profession, la polyvalence imposée, les écarts de salaires entre une petite élite et la masse des journalistes, la pression constante sur les effectifs, c’est aussi cela le quotidien de la grande majorité des journalistes.

Ethique et déontologie professionnelle

Alors il reste la question de l’éthique, de la déontologie professionnelle, qui sera débattue tout à l’heure. Depuis la fin des années 70, il y a eu des chartes, des codes, propres aux entreprises de presse, qui ont été élaborés. Dans la foulée des états généraux de la presse, il y a eu un projet de code de déontologie journalistique, mais qui est loin de faire l’unanimité, peut-être nos intervenants nous éclaireront sur ce point, qu’est-ce que ce serait qu’une charte d’éthique et de déontologie ? Faut-il pour veiller à son application une instance nationale, de déontologie, qui soit l’émanation de la profession ? Et comment y associer aussi les citoyens qui sont les récepteurs de cette information ?

Bref, je ne suis pas sure qu’il soit juste de qualifier la presse de 4ème pouvoir, mais ce qui est certain, c’est que nous avons absolument besoin de ce contrepouvoir, parce que c’est le moteur d’une démocratie qui doit des comptes à ses citoyens.

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Photo : MEAGSR/F.M.

Et c’est une bien noble tâche que de donner à comprendre, quelque sujet qu’on traite, le temps présent et l’histoire. C’est un beau métier, proche ou lointain, que de donner des perspectives ou de donner à comprendre, de donner aux citoyens les clés de la compréhension du monde.

La démocratie a besoin d’une presse rigoureuse, lucide,

 et attentive aux plus faibles

La démocratie a besoin de journalistes qui nous rapportent les échos du vaste monde, qui nous informent de notre environnement proche, et qui nous aident, en ce faisant, à nous y situer et à nous faire notre opinion. La démocratie a besoin d’une presse d’investigation qui lève les coins du voile, débusque les scandales d’état, révèle les mensonges des pouvoirs quels qu’ils soient. La démocratie a besoin de journalistes qui nous aient à décentrer notre regard, à nous défaire des idées toutes faites, qui nous donne à voir l’infinie variété des situations sociales et politiques. La démocratie a besoin de journaux, de radios, de télévisions, qui soient aussi, comme le disait Benjamin Constant, un recours ouvert à l’opprimé pour faire entendre sa réclamation et l’assurer que, interdite ou étouffée par les voies ordinaires, elle ne restera pas inaudible.

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Photo : MEAGSR/F.M.

Oui, la démocratie a besoin d’une presse rigoureuse et lucide, d’une presse, aussi, attentive aux plus faibles, qui sont trop souvent les blessés de l’information, à la dignité desquels on n’est pas toujours attentif, et d’une presse capable, quand l’intérêt général est en jeu, de défier les puissants. Sous bien des latitudes, les journalistes s’obstinent à faire leur travail au péril de leur vie ; je pense, parmi bien d’autres, à Anna Politkovskaïa, aux journalistes mexicains abattus par les narcotrafiquants, à Christian Poveda assassiné au moment où sortait son beau travail d’enquête sur les maras, ces gangs de jeunes Salvadoriens, et bien sûr à Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, otages en Afghanistan depuis un an. (Applaudissements)

Chacun d’eux aurait pu se reconnaître dans cette définition d’Albert Londres : « Un journaliste n’est pas un enfant de cœur, et son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, pas non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. ». (Applaudissements)

Alors à vous maintenant que je remercie encore une fois d’avoir accepté l’invitation de toutes celles et ceux, tous les citoyens ici présents, et au-delà tous ceux qui viendront écouter votre débat sur le site de Désirs d’avenir. Merci d’aider à mieux comprendre les grandeurs et les servitudes du beau métier de journaliste, mais aussi de la liberté d’informer, afin que le moment venu nous soyons en mesure d’exiger que ça change, d’agir juste, pour un renouveau de la démocratie dont la France a bien besoin ! (Applaudissements)

Source: www.segoleneroyal-meag.com/

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