
François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle française, s'est engagé à lever le secret défense dans l'affaire Karachi.
Le candidat PS a annoncé la déclassification des documents relatifs aux contrats d'armement à l'origine de l'affaire Karachi, s'il est élu en mai prochain. Les juges, comme l'opposition, formulent une telle demande depuis des mois.
En décembre, la députée PS Delphine Batho demandait officiellement au gouvernement de lever le secret-défense. En janvier, c'est le député Bernard Cazeneuve, porte-parole de François Hollande, qui prenait la relève.
[Comprendre l'affaire Karachi]
Ce lundi, le candidat socialiste s'est logiquement engagé à déclassifier les documents relatifs aux contrats d'armement cités dans l'affaire Karachi. L'entourage d'Edouard Balladur, premier ministre au moment où ces contrats ont été passés avec le Pakistan, est soupçonné d'avoir bénéficié de rétro-commissions, notamment pour financer la campagne de 1995.
Les juges en charge de l'enquête bataillent mois après mois pour obtenir la levée du secret défense face à un gouvernement peu coopératif.
Cet engagement de François Hollande permet de reprendre le thème de la "République irréprochable", qui met tant en difficulté Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat est d'ailleurs inquiété par cette affaire Karachi, en tant que porte-parole de la campagne d'Edouard Balladur et très proche de l'ancien Premier ministre.
Cet engagement a été révélé par l'une des porte-parole des familles, Magali Drouet, à la sortie d'une rencontre avec le candidat à son QG: "Il s'est engagé formellement sur la levée des documents secret défense pouvant intéresser Karachi à condition que cela ne mette pas en danger la sûreté de l'Etat", a-t-elle expliqué.