Par Lautréamont
Elle semble en reflux dans toutes les enquêtes d’opinion. Entre 13 et 17 %. Ainsi donc, à une semaine du premier tour, Marine le Pen aurait échoué dans son pari de faire turbuler le duel annoncé gauche / droite. Et pourtant, un indicateur essentiel dans toutes les présidentielles pointe une réelle dynamique : le vote des jeunes qui lui est particulièrement favorable. Étrange paradoxe qui nous ramène toujours à la règle concernant le Front National : son vote n’est pas quantifiable réellement… jusqu’à la sortie des urnes.
Ce qui était valable en 2002 reste donc valable en 2012 : attention à ce Front National qui avance en rampant.
Tous les élus ruraux, par exemple, le disent : Le Pen séduit dans les campagnes. Son discours sur la France profonde, la France réelle, celle de la ruralité, fait mouche, d’autant plus que ces zones semblent avoir été abandonnées par les principaux candidats, qui leur ont envoyé en meeting leurs émissaires et se sont assez peu déplacés personnellement. Et si dans les zones urbaines, ça ne passe pas, dans les zones ouvrières, dévastées par le chômage, les délocalisations, la galère, là encore, Le Pen paraît bien plus haut que ne veulent bien le dire les sondages.
En 2007, le trio Sarkozy / Royal / Bayrou avait créé un élan de campagne tel, un déferlement tel d’engouement et de passion pour ces 3 protagonistes transgressifs et combatifs, que les extrêmes n’avaient pu exister, écrasés par la force de l’histoire passionnelle qui se déroulait sous les yeux des français et dont ils s’étaient emparés.
Aujourd’hui, comme le démontre la dernière étude BVA qui a comparé les deux campagnes, celle de 2012 est considérée comme moins inventive, moins proche des gens, moins intéressante à une majorité écrasante.
Un climat un peu morose qui favorise toujours dans la dernière ligne droite un vote protestataire…. Et l’abstention.
La seconde menace fantôme. Elle n’a jamais été côtée aussi haut à une semaine du premier tour.. 32 % pour l’IFOP. En 2002, elle avait déjà battu des records :28,5 %, provoquant en partie l’élimination de Lionel Jospin. Nous ne sommes évidemment pas dans cette configuration et aucun des deux principaux candidats ne semble pouvoir être éliminé, qu’ il s’agisse de François Hollande ou Nicolas Sarkozy.
Mais gare aux mauvaises surprises de premier tour.
Tous les sondeurs sont d’accord sur ce point : le vote n’est pas cristallisé et de profonds mouvements électoraux se déclenchent encore plaçant en tête le candidat PS, puis le candidat UMP, puis a nouveau le PS. Tout cela change de semaine en semaine. Une véritable patinoire qui provoquera des glissades jusqu’au jour du vote.
Il ne faut donc pas se relâcher, faire campagne jusqu’au bout. Et ne pas se laisser endormir par un second tour qui semble trop beau pour être réel. 57/43, c’est énorme. Bien sur, à l’aune du rejet de Sarkozy, tout s’explique mais le soir du 1er tour, c’est une autre campagne qui commence. Se battre jusqu’au bout, rester concentrés jusqu’au bout sur ce seul objectif : performer le plus haut possible pour François Hollande le 22 avril.
Et convaincre ces millions de français de venir voter pour repousser toute menace fantôme.
Source : http://zeredac.com/2012/04/14/le-pen-et-l-abstention-la-menace-fantome/
